Château Desmirail
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Château Muret
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Clos du Notaire
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Château Filhot
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Château Maucaillou
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Le grand charme de Mauvinon
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Fabuleux Meursault Clos des Perrières
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Château La Grâce Dieu Les Menuts
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Château Montrose
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Château Léoville-Barton
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Rauzan-Gassies
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Lamarzelle, superbe
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Malartic-Lagravière
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Grand-Puy-Lacoste
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Champagne Gosset au sommet
Faites-vous donc plaisir avec ce Gosset Grand Millésime 99, issu d’une sélection des crus les plus prestigieux et d’un assemblage … |
* Dans VinoVox, des verticales exceptionnelles
Dans VinoVox, le top de la Bourgogne, chaque semaine

Recommandé par des Influenceurs
Château de Chassagne-Montrachet
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Domaine Michel Prunier et Fille
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Domaine Esmonin
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Domaine Marquis d’Angerville
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Château de Fuissé
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Chablis Domaine Pinson
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La race du Corton-Charlemagne
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Le Top Marsannay
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Le Top de Pernand-Vergelesses
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* Château Trotte Vieille
Au sommet, naturellement. Ce Saint-Émilion 1er GCC est un bel exemple des grands vins de terroir (le sien se situe sur un rocher avec seulement 30 cm de terre). Superbe 2005, de couleur intense, racé, un beau vin concentré, au nez intense, tout en nuances aromatiques (fraise, cerise, myrtille), où dominent la réglisse et les épices, de bouche riche, un vin où toute la puissance de ce très grand millésime joue à plein, de garde. Le 2004 est un grand millésime, concentré mais très fin, très équilibré, aux tanins riches et soyeux, au rouge profond, de belle et prometteuse évolution. Remarquable 2003, puissant, tout en bouche, au nez complexe où dominent les groseilles et l’humus, associant concentration et finesse, bien charnu, richement tannique. Le 2002, de belle robe rubis intense, est très équilibré, riche et subtil au nez comme en bouche, aux nuances de fruits macérés et de sous-bois. Superbe 2001, très typé, au nez dominé par le cuir et les framboises, d’une belle concentration, qui allie distinction et richesse, un beau vin ample, de garde. Le 2000 est un très grand vin de couleur profonde, au bouquet subtil où dominent le pruneau et les épices, mêlant élégance et charpente.
Philippe Castéja est propriétaire de plusieurs crus remarquables qui bénéficient de prix très sages. La typicité prime ici, loin des vins de mode, et c’est ce qui compte. Autre exemple avec ce très beau Pauillac Château Batailley 2005, riche en couleur comme en matière, charnu comme il se doit, au nez intense, tout en complexité, très aromatique (fruits mûrs, sous-bois, épices…), qui devrait tenir toutes ses promesses. Le 2004 est de belle robe profonde, aux arômes persistants de petits fruits rouges mûrs avec des notes d’épices, un vin d’une grande structure, avec des tanins riches, une très belle finale, très prometteur. Superbe 2003, de belle robe pourpre, aux notes d’épices et de sous-bois, aux tanins puissants et savoureux à la fois, de très bonne garde.
Voir le Classement 2008
* Sommet : Château Bélair 2007
“En 2007, nous avons attendu la pleine maturité, nous explique Pascal Delbeck, il fallait avoir les nerfs solides. Nous avons eu beaucoup de sécheresse, la vigne était stressée et, à la fin août, subitement, le cycle végétatif est reparti et la maturité s’est effectuée dans des conditions optimales. Ce grand beau temps qui s’est installé pendant presque deux mois, et le vent frais qui séchait bien les baies, ont été des facteurs déterminants dans l’achèvement de la maturité. Nous avons vendangé jusqu’à mi-octobre, un record, avons fait beaucoup de parcellaire, il y a eu un travail énorme, un suivi constant apporté aux vignes, c’était la seule solution pour préserver le vignoble et intervenir tout de suite. Le cycle végétatif a démarré très tôt en 2007 et s’est terminé très tard, c’est une année de vigneron qui ne renâcle pas à la tâche ! Les vinifications se sont déroulées tout à fait normalement , en douceur, mais c’est toujours mon style, ici, on n’extrait que le meilleur. Puis j’ai mis le vin à l’élevage en barriques en décembre, et observé sa très belle couleur, des arômes de fruit persistants, une belle souplesse. Le 2007 promet d’être charmeur mais aussi de bonne garde. Les tanins sont déjà fondus, soyeux, la finale est longue, il n’a pas une trop grosse structure. De la chair, du gras, des caractéristiques qui devraient faire du 2007 un vin qui ravira les amateurs éclairés et qui, à mon avis, réservera de grands plaisirs de dégustation.”
Voir le reportage
Voir le Classement 2008
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Recommandé par des Influenceurs
Coup de cœur : Château La Couspaude
À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés. Provenant d’un terroir de fine couche de terre argilo-calcaire sur sous-sol rocheux (70% Merlot, 25% Cabernet franc et 5% Cabernet-Sauvignon), la famille Aubert élève soigneusement ce Saint-Émilion GCC 2005, épicé, généreux, corsé, aux tanins savoureux, ample et distingué, de bouche riche, avec des nuances de mûre et d’humus, un vin qui poursuit son évolution. Le 2004 est un vin de couleur pourpre intense, au nez puissant et subtil à la fois, aux notes de fruits mûrs (cassis, griotte) et de truffe. Le 2003, tout en couleur, en matière et en distinction, avec ces notes caractéristiques et persistantes de fumé, d’humus et d’épices, est tout en bouche. À ses côtés, leur Lalande-de-Pomerol Château Jean de Gué, riche en couleur, où se mêlent la truffe et l’humus, dense, aux tanins soyeux, charnu comme il se doit, de belle charpente. Le Montagne-Saint-Émilion Château Messile-Aubert est très bien élevé, riche en couleur comme en charpente, tout en finesse aromatique.
Château la COUSPAUDE
(SAINT-ÉMILION)Daniel Alain et Jean-Claude Aubert33330 Saint-ÉmilionTéléphone :05 57 40 15 76 Télécopie : 05 57 40 10 14 Email : vignobles.aubert@wanadoo.fr
Alfred Gratien, classé 1er Grand Vin
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Champagne Michel Lenique
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Bertrand Robinet |
* Malleret
Malleret a les honneurs de la Couverture de MILLÉSIMES cette année. Bruno Vonderheyden, directeur d’exploitation, connaît parfaitement les lieux et le potentiel du vin. Il a suffisamment de recul, d’humilité, de savoir-faire,et c’est aussi un créateur et un visionnaire du vin : il sait qu’ici, tout est réuni pour produire un grand Médoc. Avec la complicité de Florence Deguillaume, il veut ressusciter l’âme des lieux et y révéler une nouvelle majesté, faisant de Malleret une entité d’excellence. Un superbe vignoble de 54 ha (nouvelles techniques de culture et de vinification et développement de l’œno-tourisme). Remarquable Médoc Cru Bourgeois Supérieur 2005, de couleur pourpre, avec des arômes de fruits frais et d’épices, soyeux et dense en bouche, élégant et harmonieux mais tout en structure, puissant et prometteur. Le 2004 est savoureux, riche et concentré, au bouquet intense et complexe où dominent le pruneau et les épices, de belle couleur, associant fruit et structure, bien prometteur. Le 2003 est de robe grenat, intense, riche au nez comme en bouche, avec ces notes de fruits mûrs, d’épices et d’humus, aux tanins fermes, de bouche puissante, qu’il faut attendre. Le 2002, coloré, fruité, finement tannique, tout en souplesse, est un vin de bonne charpente, d’une belle longueur en bouche. Beau 2001, d’une belle couleur rubis prononcé, avec des nuances de fruits cuits (cassis et framboise) et de réglisse, un vin dense et corsé, avec des tanins puissants qui commencent à s’arrondir. Le 2000 est intense, corsé, au nez complexe dominé par la mûre, la truffe et les épices, tout en harmonie, de très jolie bouche, un vin concentré et puissant. Superbe rapport qualité-prix-typicité.
Gérante : Mme Deguillaume
33290 Le Pian-Médoc
Téléphone :05 56 35 05 36
Télécopie : 05 56 35 05 38
Email : contact@chateau-malleret.fr
Ou : www.chateau-malleret.fr
Champagne Eugène Ralle
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1, rue Gambetta - BP 6 Téléphone :03 26 49 40 12 Télécopie : 03 26 49 44 40 Email : arnould-ralle@wanadoo.fr Ou : www.champagne-eugene-ralle.com
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* Chablis au sommet de sa gloire
Une semaine passée (avec plaisir) en Bourgogne. Je reviendrais plus précisément sur notre grande dégustation organisée chez mon ami Denis Thomas (Moillard) qui réunissait les meilleurs vignerons de la Côte-d’Or (Pouilly-Fuissé en plus). D’une manière générale, faisant suite à des millésimes 2005 (superbe) et 2006 (très typé, très fin), les 2007 sont particulièrement réussis en Bourgogne et les terroirs jouent à plein.
Mon étape à Chablis a prouvé que le 2007 est exceptionnel dans la région. Que ce soit le réchauffement climatique, l’âge des vignes ou le talent des vignerons, Chablis atteint son apogée en ce moment car les vins associent ce qu’il y a de plus difficile à atteindre : la fraîcheur et la suavité. Les vins n’ont jamais été aussi bons (pas tous).
Chablis, parlons-en. On sait que l’appellation s’est largement étendue et que, par nature, les territoires élargis ne sont pas forcément devenus des terroirs… Dans Chablis, il y a de tout : un négoce où le bas de gamme cotoie une qualité irréprochable (Michel Laroche en est le digne représentant), une coopération très (trop ?) importante, des producteurs scrupuleux et d’autres moins. On passe sur ceux qui cassent les prix ou ne font que du “chardonnay” du coin pour se concentrer sur les vignerons passionnés.
Chablis, donc, est, qualitativement- au sommet de sa gloire et de son potentiel. Deux raisons : des prix très sages et une typicité extraordinaire (valable pour les Grands et Premiers Crus) où ce terroir kimméridgien unique développe ses particularités (un Beauroy n’a rien à voir avec le Mont-de-Milieu) et donnent ces vins denses et fins à la fois, garants d’un potentiel d’évolution qu’il serait de bon ton d’apprécier comme il se doit. Il y a donc des vins superbes, ici, ert des producteurs talentueux. Pour faire court, je vous renvoie à mon Guide où au site de MILLÉSIMES. On les a d’ailleurs réuni amicalement chez Gérard Tremblay.
Premier exemple : les vins du Domaine Pinson. Dégustation puis dîner sympa avec Laurent Pinson et son épouse. Je connais ce domaine depuis 20 ans. On y a toujours élevé des vins superbes, très typés, et les travaux qu’ont entrepris les frères Pinson vont leur permettre de travailler encore plus efficacement et sereinement. J’aime bien ces deux frères qui s’attachent à poursuivre l’œuvre entreprise par leur grand-père et conservent intacte leur passion, millésime après millésime. Leur 2006 est une grande réussite, des vins tout en nuances d’arômes, encore très jeunes bien sûr, très classiques de leur appellation et de leur terroir, vifs mais denses. Le 1990 débouché dans leur caveau (un lieu très chaleureux) est formidable de jeunesse. Au dîner, Laurent n’a pas hésité à nous faire découvrir deux vins (remarquables, ils seront dans le Guide) de ses amis, un geste qui, à lui seul, mérite un coup de chapeau.
Deuxième exemple. Mon ami Gérard Tremblay. On se connait depuis le premier Guide. Il a créé, avec sa charmante épouse, Hélène, un vignoble de quelque 35 ha de toute beauté et a su transmettre à ses deux enfants ses deux passions : le vin et… le sport automobile (les trois courent en circuits). Déjéûner en famille avant de regagner Bordeaux. Des vins rares. À table, on jongle avec des millésimes 1984 (étonnant d’équilibre quand on sait que c’était un “petit” millésime), 1985 (extraordinaire), 1986 (plus fermé, très typé) et un 1978 (vous lisez bien), un véritable gouffre d’arômes, très complexe, dont la fraîcheur ferait pâlir d’envie beaucoup de producteurs de vins qui n’ont pas encore compris que le seul gage de qualité reste l’évolution dans le temps. Bref, du grand art. On en repart conquis, et c’est bien ce qui compte.
* Classements 2008 : 1000 vins au top
Pas mal de changements dans mes Classements cette année, que l’on retrouve dans MILLÉSIMES 2008. Certains montent, d’autres descendent… c’est la loi des dégustations et du rapport qualité-prix-typicité. Il y a en France des vins qui atteignent des prix injustifiés et que je ne cautionne plus. Je ne pense pas aux quelques crus mythiques à des prix inaccessibles pour lesquels on entre dans le monde du luxe. Je parle de certaines cuvées du Languedoc, du Sud-Ouest, du Rhône, d’un bon nombre de crus de Bordeaux (Saint-Émilion…) ou de Bourgogne… Le comble, c’est que la majorité de ces vins trop chers sont ceux qui sont aussi le plus dépersonnalisés, “travaillés”, concentrés à la limite de l’écœurement. Il s’agit donc de savoir frapper à la bonne porte. Idem en Alsace, où certains vins ont trop de sucrosité, manquant d’acidité (et le “réchauffement” climatique n’y est pour rien).
Il s’agit également ne ne pas tomber dans la facilité en ne parlant que des vins les plus réputés (à juste titre ou non). Tous les vins typés méritent d’être “classés”, dans toutes les appellations, du plus grand au plus modeste. À Bordeaux, par exemple, il existe une vraie hiérarchie (et depuis longtemps) dans les vins de Côtes, les satellites de Saint-Émilion ou les Bordeaux Supérieur. Idem dans la Loire, en Beaujolais ou en Provence (dans les 3 couleurs, les meilleurs ne sont pas non plus forcément les mêmes), etc. Il faut encourager ces vignerons talentueux autant que ceux des vins les plus renommés quand ils ont su se maintenir au plus haut niveau (ce qui n’est pas si simple).
Lorsque, en 1985, j’ai été le premier à remettre en cause le « fameux » Classement des vins du Médoc, qui datait de 1855, cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens.
Il m’a semblé ensuite logique de développer des classements pour toutes les régions de France, pour la grande majorité des appellations. En revanche, et c’est contraire à la mode, je me suis toujours refusé à « noter » un vin. La raison en est simple : c’est pour moi une négation de ce « Sang de la Terre et du Ciel » que de l’affubler d’une note. Ce serait oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. C’est une facilité pour attirer le chaland, qu’il me serait simple d’appliquer si je ne respectais pas autant les vignerons, que j’aime rencontrer car ils ont aussi leur importance (convivialité, passion…).
Mes Classements ne sont pas figés et ont une hiérarchie interne
Les 1ers grands vins classés
Le sommet, même il s’agit de « comparer » non plus uniquement l’image de marque mais une réelle et très grande régularité qualitative. Aux côtés de crus incontournables, quelques autres atteignent des sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et un rapport qualité-prix indéniable. Il est impératif de suivre la hiérarchie interne de chaque classement, les premiers des Premiers Grands Vins classés étant supérieurs aux autres Premiers. On l’aura compris, ce sont de grands “coups de cœur”.
Les 2es grands vins classés
À Bordeaux (Médoc, Graves et Saint-Émilion, précisément), en Bourgogne et surtout en Champagne notamment, c’est la catégorie qui réserve le plus de surprises, et les coups de cœur y sont également nombreux. À elle seule, cette catégorie est une véritable hiérarchie, et de nombreux producteurs y évoluent selon les derniers millésimes ou cuvées dégustées. Aux côtés de certains « grands » crus (ou marques) historiques qui parviennent à se maintenir au plus haut niveau, plusieurs vins moins connus y figurent, grâce à leur régularité qualitative et un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Certains vins de cette catégorie peuvent d’ailleurs prétendre atteindre des sommets (ils ont alors un *), et d’autres méritent largement leur place grâce à un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel, même s’il faut savoir aussi respecter la hiérarchie interne de cette catégorie, qui bouge régulièrement. En tout cas, de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que certains domaines, dont la notoriété n’existait pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie, à s’imposer et à devenir incontournables. C’est flagrant notamment en Champagne comme dans le Libournais.
Les 3es grands vins classés
C’est une position « d’attente » où l’on trouve des vignerons qui élèvent des crus qui n’ont pas été suffisamment dégustés et qui peuvent détrôner des vins plus connus dans les dégustations à l’aveugle. Ces producteurs peuvent donc monter en grade, bénéficiant d’un *.
D’une manière générale, le fait même d’être dans ces Classements implique une haute tenue qualitative. Les vins ne sont intrinsèquement pas comparables, le Classement ne fait donc que les situer les uns par rapport aux autres, selon l’évolution des millésimes. Les « premiers » des Deuxièmes Grands Vins classés, par exemple, sont très proches de la catégorie Premiers Grands Vins classés. Il faut donc bien sûr tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand cru, sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre cru, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix est excellent. Cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Dans tous les cas de figures, certains vins classés peuvent mériter mieux dans des millésimes précis (ils sont indiqués alors par un *).
L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes
Un « grand » vin, ou plutôt un vin digne de ce nom, se mesure uniquement sur son potentiel d’évolution, sa régularité qualitative, même dans des millésimes délicats comme 97 ou 92, ou difficiles à maîtriser comme 2006, 2003, 2002, ou 94. Ces critères sont la base même de ces Classements, remaniés chaque année, qui tiennent compte de l’évolution des millésimes précédents et peuvent être remis en cause par la qualité des prochaines cuvées et des prix.
La plupart des producteurs retenus ont été suivis depuis 30 ans, ce qui permet de se faire une véritable idée de la régularité qualitative. C’est la seule chose qui compte pour pouvoir juger tel ou tel cru, et ne pas se laisser prendre par une cuvée spécialement « arrangée ». Quelques châteaux repris récemment sont classés en tenant seulement compte des deux ou trois derniers millésimes, et leur évolution viendra conforter ou non leur place actuelle. Ils sont indiqués entre parenthèses pour l’instant, tout comme les propriétés qui viennent d’être reprises. Les Classements ne sont donc pas statiques : ils se veulent le reflet d’une situation globale dans une appellation, qui tient compte de paramètres fondamentaux : typicité des crus, caractéristiques propres, qualité des vinifications et de l’élevage, homogénéité et régularité qualitative des cuvées, évolution des millésimes, politique qualitative des propriétaires, rapport qualité-prix…
Chaque Classement est propre à une région
Intrinsèquement, les vins ne sont pas les mêmes. Chaque cru retenu possède son propre caractère et demande à être apprécié en tant que tel, sans faire de véritable comparaison avec tel ou tel autre. Aucun Classement n’est donc à comparer avec un autre, et il ne doit pas y avoir de rapprochement entre une région ou une autre. On se doute bien qu’un Premier Grand Vin Classé de Chinon n’est pas au même niveau qualitatif qu’un Premier Grand Vin Classé du Médoc. C’est au sein d’une même région ou appellation qu’il faut comparer les vins. Un Deuxième Grand Vin Classé du Languedoc ne joue évidemment pas non plus dans la même catégorie qu’un Deuxième Grand Vin Classé de Bourgogne. On peut décliner les exemples et on aura compris qu’un Beaujolais Classé n’est pas à rapprocher d’un Pomerol au même niveau dans son Classement propre, idem pour un Sancerre et un Pessac-Léognan, un Bandol et un Vosne-Romanée, un Minervois d’un Pauillac, etc. Ainsi, dans les Classements de Bordeaux et de Champagne, j’ai également classé les vins en deux catégories, « puissance » et « élégance », pour mieux prendre en compte justement le caractère propre de chaque vin et éviter des comparaisons hasardeuses.
* Déception en Languedoc : le tri se fait de lui-même
C’est si rare que l’on ne peut qu’en sourire : l’absence des producteurs du Languedoc-Roussillon à notre réunion confirme le “flou” qui règne dans cette région, où, si certains passent leur temps à se plaindre que l’on ne parle pas d’eux, c’est bien mérité.
Résumons : j’invite 90 personnes (ou propriétés) -de mon Guide- à une manifestation (conviviale) régulière que nous organisons partout en France. C’est Françoise Gualco et son fils, Christophe (sur la photo), naturellement chaleureux, qui ont bien voulu nous accueillir dans leur Château Étang des Colombes. Il en vient une trentaine, une vingtaine s’excusent de ne pouvoir être là (c’est naturel d’avoir des obligations, on le comprend volontiers), et une quarantaine ne répondent pas. La moitié ne répondent même pas !!! On leur fait une relance : toujours rien, c’est beau la politesse et cela donne envie de les soutenir…
Je vais vous l’avouer : je souhaite à ceux-là d’avoir particulièrement réussi les vins qu’ils sont en train de m’adresser pour le Guide (ça, ils ne l’oublient pas), j’aurais tendance à ne pas excuser le moindre défaut cette année.
Passons et comprenez-moi bien. Quand j’invite 100 Bourguignons, 98 répondent, alors qu’ils n’ont rien à vendre ! Idem à Saint-Émilion, en Champagne, dans la Loire ou ailleurs… Le vin, c’est cela : partager, boire un “canon”, se revoir, se rencontrer… On se moque que quelqu’un réponde ou non à une invitation, ce qui est navrant, c’est que nous nous déplacions dans une région particulièrement sensible comme le Languedoc et que la moitié des producteurs invités, de vrais fantômes, ne fassent pas 10 kms pour nous saluer, nous montrer leurs travail et nous inciter à les soutenir. Ce sont eux les demandeurs, pas nous. À croire que certains craignent les dégustations.
Comment voulez-vous que ces gens-là soient ensuite crédibles ? Peut-on à la fois geindre et ne rien faire ? On connait les rouages, les mascarades et les exubérances de la région, et bien qu’un bon nombre se prennent pour des créateurs de “grands” vins, il faut bien avouer qu’ils ne sont que des accoucheurs de cuvées spéciales, souvent surconcentrées, surbarriquées, à la limite de l’écœurement quand on les goûte, et qui ne représentent absolument pas le vignoble. N ‘est pas Daumas-Gassac qui veut.
L’avantage de ces réactions, c’est que cela écume et confirme que je ne me suis pas trompé en soutenant ceux qui le méritaient. Je viens ici, depuis 30 ans, et je connais les territoires et les hommes. Comme à notre habitude, donc, on va se concentrer sur les producteurs qui élèvent des vins racés et typés, dans l’ensemble du territoire, des Corbières à Saint-Chinian, de Faugères en Minervois, en passant par les Coteaux-du-Languedoc, Fitou ou vins de pays, à des prix remarquables. Des grands vins ici, il y en a, mais les terroirs sont connus et ne s’étendent pas. La force de ces vins est d’avoir su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix. Pour mémoire, trois cas de figure définissent la région :
- Il y a les vignerons -très jalousés- qui, et depuis longtemps, ont toujours su maîtriser les rendements, vinifier et élever leurs vins, en respectant leur spécificité, sans vouloir copier telle ou telle appellation plus connue. Daumas-Gassac (l’un des fils de mon ami Aimé Guibert était présent, Roman, tout aussi passionné), en est la référence, suivi par des Corbières dont le fer de lance est la famille Gualco, Grand-Caumont, Vieux-Moulin, Martinolle, puis des Minervois (Blomac, Villerambert-Moureau…), et aussi d’autres appellations (Antech, Mas Chichet…). C’est le noyau dur des grands vins du Languedoc, même si certains ont tendance à l’oublier. La plupart sont à la tête de leurs appellations respectives, et le fait de s’y maintenir mérite un coup de chapeau.
- Dans la lignée, il y a ensuite les propriétaires, dans toutes les appellations, qui ont cru en leur région et que j’ai soutenu dès le début. On retrouve ici les grandes valeurs sûres comme Fabas (au sommet de leur appellation Minervois), Aigues-Vives (j’ai été ravi de revoir Magali Dourthe, toujours charmante et passionnée, qui se partage entre Bordeaux -Maucaillou, Beaurivage- et son vignoble languedocien), Vaugelas (j’apprécie et estime l’exemplaire réussite de la famille Bonfils, des “pieds-noirs”, comme moi, représentés par l’efficace Heidi Van Den Akker), Oustric (Sébastien Bonneaud, bérêt de rigueur, est talentueux et élève des cuvées tout en charme et puissance), Mire-L’Étang (le blanc est une nouvelle fois formidable), Saint-Martin-des-Champs avec un superbe Saint-Chinian, Peyregrandes (la référence en Faugères), Bertrand-Bergé (un Fitou de haute volée), Pinet (leur Picpoul blanc est tout en délicatesse aromatique), Malautié (le moelleux Clairette est très séduisant), Barrubio (le Muscat est tout aussi bon que le Minervois), Nidolères en Côtes-du-Roussillon, Casa Blanca (le meilleur Collioure)… et de rares caves (Cave de Roquebrun, Vignerons Sommiérois, Estabel Cabrières…). On les retrouve tout naturellement dans le haut de mon Classement 2008 et d’autres, qui se prennent souvent très au sérieux, ne sont pas prêts de les concurrencer !
- Il y a enfin ceux qui ne sont pas installés depuis longtemps dans la région et que j’étais content de rencontrer de visu à cette occasion (Madura, Croix-Chaptal, Haut-Fabrègues, Hortus, Rives Blanques, Bourdic, Villemagne, Angles, Reynardière, Sainte-Marie-des-Crozes, Mingraut…). On les défend avec plaisir car ils s’attachent également à produire des vins typés et de qualité, à des prix très abordables. J’aime mettre un visage sur un vin et ces dégustations chaleureuses permettent justement cela. Ceux qui ne daignent pas se déranger n’ont rien compris au vin.
Cause à effet ou pas, vous l’avez compris, attention à ceux qui pourraient se laisser piéger à développer des vins de vinification plutôt que de terroir. Quelques producteurs, marchands et grands groupes qui nous (et vous) font croire que leurs vins ressemblent à quelque chose. Ces vins de mascarade (en Coteaux-du-Languedoc et en vins de cépages notamment), où l’on parle de “vins à haute expression” (expression de la méthode de vinification et du bois neuf surtout…), qui “sentent le goudron ou le café” (cela donne envie, non ?)… Idem pour les cuvées de vins blancs totalement fabriquées dans les chais où l’on est fier de vous faire sentir “la mangue et autres fruits exotiques”. Il s’agit donc de ne pas confondre l’ensemble d’une progression qualitative certaine et le développement de ces vins “fabriqués” et “putassiers” qui attirent les investisseurs comme des mouches, et sont, hélas, soutenus par des “critiques”, notamment américains (ce sont les mêmes qui soutiennent les “vins de garage” bordelais). Ce problème s’étend aux vins de cépages, où je ne vois toujours pas l’intérêt de planter des cépages (du Gewuztraminer, ici, on croit rêver) qui se plaisent mieux dans des régions beaucoup plus froides (les bonnes exceptions existent), ni à se lancer dans des vinifications sophistiquées pour pouvoir remplir un dossier de presse… et mentionner des prix inexcusables sous prétexte que l’on peut mettre sur une étiquette les noms de Chardonnay ou de Merlot, ou que l’on croit qu’il suffit d’acheter des barriques neuves et se payer les services d’un œnologue “tendance” pour faire un grand vin. Je vous l’avais dit, il y a de quoi rire.
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Amateurs, vignerons, professionnels, restaurateurs… Merci !

Recommandé par des Influenceurs
Le grand charme du Château Romanin
“La moitié de nos vignes épousent le relief de la chaîne des Alpilles et sont plantées sur des terrasses très caillouteuses assurant un parfait drainage naturel, me précise Jean-Louis Charmolüe, elles encerclent la propriété mais on y trouve aussi beaucoup de cyprès, de la garrigue, qui donne un paysage magique, digne d’être peint, c’est aussi ce qui nous a beaucoup séduit. L’autre partie du vignoble, constitué de vieilles vignes, est situé vers la Durance, avec terroir composé d’alluvions sableuses et caillouteuses et de l’argile.”
Exceptionnel Baux-de-Provence Le Coeur de Romanin rouge Quartus 2001, d’une grande complexité, d’une couleur grenat pourpre, très riche en arômes (cannelle, cuir, griotte), puissant, savoureux, riche en charpente, de belle garde. Le Château Romanin 2003 provenant de petits rendements de 25 hl/ha (Grenache, Syrah, Mourvèdre, Cabernet-Sauvignon), dense, dominé par les fruits macérés, un vin qui allie rondeur et structure, aux tanins soyeux, de bouche puissante aux nuances de griotte, légèrement poivré, riche et coloré, où prédominent en finale la groseille confite et l’humus, un vin qui mérite un peu de patience pour profiter de son potentiel réel. À la suite, la Chapelle de Romanin rouge 2003, d’une belle robe brillante, un vin plus souple, bien corsé. Beau blanc, suave comme ce rosé aux notes de pêche et de groseille, long et équilibré, vif et velouté à la fois, d’une ampleur aromatique très séduisante, d’une couleur très délicate.
Voir le reportage
Voir le Classement 2008
*La Bourgogne en 2008
Brigitte Dussert : vous aimez la Bourgogne, ses vignerons, cette osmose entre ces sols et un cépage unique…
Patrick Dussert-Gerber : je n’aime pas tous les vins de Bourgogne, certains sont dilués, d’autres trop barriqués à outrance pour séduire des marchands spécifiques, notamment à l’export… mais, c’est vrai, ceux que j’aime, j’y suis fidèle.
J’apprécie aussi l’intelligence quand elle est suffisamment courageuse pour rejeter un certain critique américain quand il se pointe pour donner des leçons. Peu l’ont fait, les Bourguignons, oui.
En Bourgogne, les grands vins blancs secs seront parfaitement matures, surtout avec cette équilibre qui leur manquait parfois ces dernières années. À Chablis, 2007 sera élégant, dans le style de 2004 qui est un grand millésime. C’est la même chose à Meursault, à Puligny-Montrachet ou en Corton-Charlemagne, qui gagnent en finesse et en élégance.
Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce qui doit l’être : le terroir et le fruit.
Quand on se promène entre les murets qui entourent les vignes des Grands Crus, on voit qu’à quelques mètres de distance le sol ne produit pas les mêmes crus. L’altitude des vignes, selon qu’elles se situent à 150 ou 300 m, l’inclinaison des pentes (les meilleurs vins proviennent des mi-pentes), la richesse des sous-sols en ressources minérales, en sodium, en oligoéléments… Tout concourt ici, dans un “mouchoir de poche”, à faire la différence entre un bon vin et un vin sublime. Ajoutez à cela l’exposition (fondamentale) face aux mouvements du soleil, un territoire pauvre où la terre est rare, et vous comprendrez l’extrême diversité des grands vins bourguignons.
Pour les grands vins blancs, notamment ceux qui proviennent du Chardonnay, il faut bien comprendre que les temps plus frais sont toujours synonymes de grands millésimes. Ce n’est pas pour rien si c’est au-dessus de la Loire que se plaisent quelques-uns des plus grands vins blancs secs du monde.
On ne fait pas de grands vins blancs les années trop chaudes ou dans des territoires trop ensoleillés, exception faite de la Provence, où des cépages comme le Rolle ou l’Ugni blanc s’accomodent particulièrement bien à ce climat estival.
Mais, de grands vins de Chardonnay comme ceux de la Côte de Beaune, on n’en fait ni en Languedoc, ni au Chili, ni en Californie. Alea jacta est.
Nous réunissons une centaine des meilleurs vignerons bourguignons début Avril. De quoi se faire plaisir et récompenser ceux qui comptent.
*MILLESIMES 2008 est sorti : la France a du talent !
Cette année, avec ce millésime 2007, nous allons avoir l’occasion de voir l’art des vignerons, la force des terroirs et de revenir vers des vins plus classiques, mieux équilibrés, plus élégants. Il faut comprendre que la force de nos vins, c’est justement d’apporter une finesse qu’un bon nombre de concurrents ne peuvent s’offrir. Qu’est-ce qui différencie en effet un vin français d’un autre ? On a les mêmes cépages, les mêmes techniques de viticulture et d’œnologie… Il y a trois paramètres qui font la différence :
- les sols. À l’exception de l’Italie, aucun autre pays ne possède une aussi grande palette de terroirs, dans lesquels on a su planter -c’étaient souvent des moines- les cépages adéquats. Les exemples pullulent, partout : à Chablis (sols kimméridgiens), en Champagne (la craie, le calcaire), en Bourgogne (pierrosité, marnes rouges ferrugineuses, marnes blanches, sols bruns calcaires…), dans la Vallée du Rhône (molasses, quartz roulés, argiles rouges…), dans la Loire (terres argilo-siliceuses -les fameux”silex”, schistes, plateau calcaire -le “‘tuffeau”, craie marneuse…), à Bordeaux (sols graveleux, graviers, croupe de graves garonnaises…), etc.
- les climats. Quels sont les autres vignobles qui possèdent autant de variations climatiques ? Faut-il rappeler l’influence du mistral en Provence et dans le Rhône, de la forêt en Champagne, de l’océan ou des fleuves à Bordeaux, des positions des vignes sur les versants en Bourgogne comme leur altitude en Alsace, de la méditerranée et du vent en Languedoc, etc.
- les hommes. On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des “sirènes”- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.
Bref, on sait non seulement faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, je vous l’accorde, mais on sait surtout faire des vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux.
C’est cela notre force : la différence, la variété, l’originalité… La typicité, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme.
Vous comprendrez que l’on est loin des producteurs qui se disent “modernes”, “révolutionnaires”, “découvreurs”, trop imbus d’eux-mêmes… et nous abreuvent de produits standardisés, au goût régulier chaque année, confondant le principe de se servir des techniques modernes pour “coller” à la nature et celui de les utiliser à outrance (surmaturation, surconcentration…).
Nous, on aime les vins qui ont une âme, qu’ils valent 7 € ou 100 fois plus, élevés par des vignerons conviviaux, passionnés et humbles face à la nature. Ces vignerons ont du talent et sont dans ce numéro.
Merci de votre fidélité.
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* Vins d’Alsace, attente et déception
Brigitte Dussert : depuis 3 ou 4 ans, vous semblez déçu par certains vins d’Alsace…
Patrick Dussert-Gerber : j’aime l’Alsace, origines obligent, et, cette année, les conditions climatiques ont été délicates, et les rendements habituels, très importants dans cette région, ne sont pas un atout pour réussir le 2007. Il fallait être très sévère sur les rendements. Paradoxalement, un certain nombre de vignerons alsaciens ont un problème : c’est leur richesse ! Quelques-uns commencent à s’endormir sur leurs lauriers puisqu’ils vendent très bien leurs vins depuis des années. Je trouve que les vins d’Alsace que l’on goûte sont décevants depuis quelque temps, les vins sont trop mous, manquent justement de cette acidité, c’est pour cela que le 2007 sera un bon retour aux sources. Je suis souvent déçu par des vins qui ont moins de typicité, qui sont de plus en plus ronds, qui manquent de fraîcheur. Ils sont “douceâtres”, avec de forts taux de sucres résiduels. Que ce soit le résultat d’un réchauffement climatique ou une façon de faire des vins plus souples, je le regrette, et il y aura d’ailleurs un bon nombre d’éliminés dans mes prochaines sélections. Je préfère un vrai riesling, frais, franc que l’on a plaisir à déboucher sur une douzaine d’huîtres, plutôt qu’un Pinot gris qui a le même goût qu’un Gewurztraminer, et dans lequel il est bien difficile de trouver une quelconque trace de minéralité.
Même les Vendanges Tardives sont parfois des vins trop gras, on a perdu cette notion de vivacité, de fraîcheur, qui signent d’ailleurs les grands vins liquoreux de garde. En 2007, la qualité dépendra de la conscience professionnelle du vigneron, et il faudra vraiment frapper à la bonne porte.
Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits et à leur multiplication sur les étiquettes où l’on se perd… Les millésimes 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été beaucoup plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89).
Voir le Classement 2008
Ce qu’il faut retenir :
Riesling. C’est le prince des raisins alsaciens. Les vins qui en sont issus sont secs, fruités et nerveux, subtilement bouquetés et de très grande classe. Le Riesling croît à merveille près de Turckheim, Dambach-la-Ville, Ribeauvillé, Riquewihr, Kaysersberg, Mittelwihr et Guebwiller. C’est le cépage le plus tardif.
Gewurztraminer. Plus alcoolisé que le Riesling, charpenté, de saveur épicée et très parfumé, le Gewurztraminer est un vin qui vieillit parfois remarquablement bien. Son bouquet intense développe de riches arômes de fruits, de fleurs ou d’épices (gewurz veut dire épicé). Puissant et séducteur, parfois légèrement moelleux, c’est souvent un vin de garde. Les “vendanges tardives”, c’est-à-dire soumises à une maturité excessive, sont quelquefois époustouflantes, étonnantes de richesse d’arômes et d’onctuosité. Bons terroirs : Bergheim, Turckheim, Sigolsheim, Barr, Dambach-la-Ville, Pfaffenheim…
Pinot gris. Vin corsé et opulent, d’une belle robe jaune, d’aussi grande allure que le Riesling et le Gewurztraminer, peut-être encore plus puissant et violent que ce dernier, chargé autant en alcool qu’en arômes. Excellents vins de vendanges tardives. Les meilleurs proviennent des terroirs du Riesling et de Rouffach, Ribeauvillé ou Wintzenheim.
Muscat d’Alsace. Vin sec, frais et fruité, au goût musqué, exhalant parfaitement la saveur de son raisin. Charmant à boire à l’apéritif. Bonnes étapes à Ribeauvillé, Gueberschwihr et Mittelwihr.
Sylvaner. Le Sylvaner est frais et léger, avec un fruité discret. Agréable et désaltérant, il sait montrer une belle vivacité (Sigolsheim, Turckheim).
Chasselas. Arraché de plus en plus, le chasselas produit une majorité de vins légers et faciles à boire.
Pinot blanc. Plus corsé et souple que le Sylvaner, délicatement bouqueté et assez charpenté, c’est un vin très agréable à boire frais.
Pinot noir. Le Pinot noir est le seul cépage en Alsace à produire un vin rouge ou rosé dont le goût fruité typique évoque la cerise. Vinifié en rouge, il peut être élevé en barriques de chêne, ce qui ajoute à ses arômes une structure plus charpentée et plus complexe.
Crémant d’Alsace. L’AOC Crémant d’Alsace couronne les vins d’Alsace effervescents, vifs et délicats, élaborés selon la méthode traditionnelle (comme en Champagne), principalement à partir du Pinot blanc, mais aussi du Pinot gris, du Pinot noir, du Riesling ou du Chardonnay. Ces vins sont aujourd’hui parmi les meilleurs Crémants de France. Le Crémant rosé, plus rare, est issu du seul Pinot noir.
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Recommandé par des Influenceurs
* Les vrais terroirs de Saint-Émilion vont faire la différence pour le 2007
Brigitte Dussert : quelle est votre analyse sur la qualité du millésime 2007 dans la région libournaise, Pomerol, Saint-Émilion…
Patrick Dussert-Gerber : dans le Libournais, il faut se faire plaisir avec les très beaux millésimes 2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2003 et 2000. Quelques crus ont remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux qui sont trop “confiturés”.
Un certain nombre de crus pratiquent des prix qui ne sont pas du tout justifiés et sombrent dans le ridicule.
À Saint-Émilion, si certains se flattent ici d’élever des cuvées très “spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au plus modeste rapport qualité-prix.
N’oubliez pas : ici, les terroirs sont très différents et les appellations ne sont pas forcément le sésame pour ouvrir les meilleurs portes.
Pour s’y retrouver, notre Classement est devenu “la” référence en la matière. Ici, quelque 1 000 crus s’échelonnent du Premier Grand Cru classé à la simple AOC Saint-Émilion, en passant par le Grand Cru classé et le Grand Cru, sur des territoires totalement différents…
- Le secteur le plus simple à définir, historiquement et géologiquement, c’est celui du plateau qui culmine à quelque 100 m d’altitude, caractérisé par des coteaux et des pentes aux expositions variées et aux sous-sols tout aussi variés (dépôts marins et continentaux, calcaires marins à astérie, molasse…), qui font la diversité de son terroir et la typicité de chaque cru.
- Le deuxième secteur est celui qui se rapproche de Pomerol. Ici, les châteaux possèdent leur propre personnalité, et les sols sont des graves profondes, plus ou moins riches en argiles, en silices et en sables selon les sols, en alios en sous-sols.
- Le dernier secteur s’étend sur la plaine de la Dordogne, autour de Libourne (les sables), des communes de Vignonet et de Saint-Sulpice-de-Faleyrens, des territoires issus de formations alluviales qui se trouvent de l’autre côté de la nationale Libourne-Castillon, où les sables sont également omniprésents, avec des graviers. On y fait généralement des vins plus souples, l’exception confirmant bien évidemment la règle.
On comprend aisément que les vins de “plaine” auront beaucoup plus de difficulté pour sortir un millésime 2007 correct que ceux qui s’adossent à des coteaux.
Chaque fois que je viens à Saint-Émilion en prenant la route de Sauveterre (facile de vérifier), j’avoue que j’ai toujours un sourire quand je vois certains crus dont les vignes ont vraiment “les pieds dans l’eau” dès qu’il pleut. On est loin des terroirs en vallons de Montagne-Saint-Émilion, pour exemple…
Quand on voit le dynamisme et le savoir-faire commercial (c’est-à-dire proposer un vin à un prix cohérent, du plus modeste au plus grand) de nombreuses appellations françaises moins connues et d’un bon nombre de pays étrangers, on comprend que quelques vins dont la notoriété est aujourd’hui dépassée puissent se faire du souci.
Voir le Classement 2008
* Le millésime 2007 fait honneur aux vrais terroirs
Brigitte Dussert : le millésime 2007 a été critiqué dès le mois de septembre, avant les vendanges, notamment à Bordeaux ? Qu’en-est-il


























Exploitation typiquement familiale, dirigée par Bertrand Robinet, le gendre de Michel Lenique et dont les vinifications sont assurées par Alexandre Lenique. Remarquable Champagne Blanc de blancs cuvée de Réserve, provenant pour 60% de la récolte de 2003 et pour 40% de vins de réserve, bien parfumé, riche et rond, très fin, au nez subtil et persistant (fruis frais, amande), vraiment très abordable. Le brut rosé Prestige est de couleur saumonnée, avec des nuances d’abricot confit et d’épices, tout en bouche, parfait tout au long du repas. Savoureux Champagne Blanc de noirs, à la mousse fine et légère, à dominante de fruits mûrs, très équilibré, harmonieux en bouche, très persistant, idéal également à table, sur un tagine, par exemple, comme on le suggère ici. La cuvée Sélection brut (40% Pinot meunier, 40% Chardonnay de la récolte 2002 et 20 % de vins de réserve), dominée par la fraîcheur du Chardonnay à laquelle s’associe le corps du Pinot meunier, généreuse et harmonieuse, est de mousse fine, une cuvée intense et typée. Autre réussite, leur Champagne Millésime 2002, un assemblage de cépages d’une seule année, élaboré à partir de Chardonnay issu du Grand Cru de la commune du Mesnil-sur-Oger et de Pinot meunier de Vincelles, dont les aïeuls référençaient ce cru de “petit Ay”, dense, avec ces notes de fleurs blanches, de miel et de noisette, tout en bouche. Beau rapport qualité-prix.
À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés.