Les Vins du Siècle, c’est un site unique : appellation par appellation, une sélection des meilleurs propriétaires de France pour la typicité des vins, leur rapport qualité-prix-plaisir, l’expression de leur terroir et leur passion de vignerons. Une présentation attractive de leur propriété, de la qualité des millésimes, de leurs prix… et surtout la possibilité d’entrer directement en contact avec eux. Un grand site fédérateur et bilingue,
Pas de vins à la mode, surcôtés ou de “jus de bois”… Patrick Dussert-Gerber s’attache à défendre et promouvoir l’éthique du vin. Voici les membres, triés sur le volet, des Vins du Siècle :
“Les vins français sont d’une telle variété et d’une telle splendeur que c’est presque une activité spirituelle que de les goûter.” Sieburg
Après Vinexpo, qui a fait entrer, depuis longtemps le “loup dans la bergerie”, tant il est pratiquement impossible d’y retrouver aujourd’hui de vrais vignerons (les stands sont à des prix indécents pour eux, à croire que l”on veut surtout privilégier les “gros” marchands ou syndicats, notamment étrangers), noyés dans la masse des vins de négoce standardisés (tiens, un petit article, ou celui-ci, toujours d’actualité…) et des non moins aseptisés vins d’Australie, d’Argentine, de Chine et bientôt de la lune… Les vaches n’ont qu’à bien se tenir, on peut faire pareil avec des vins (est-ce le mot ?). C ‘est navrant.
Ajoutez à cela, la morosité ambiante véhiculée par des journalistes de tv/radio qui se complaisent dans le sensationnel, se jetant sur la dernière information comme des vautours (Michael Jackson en est un bel exemple, comme le moindre sujet sur la “grippe A”), noircissant autant qu’ils le peuvent la situation. Ce ne sont plus des journalistes, ce sont des bonimenteurs. J’en ai honte pour ma propre carte de presse (N° 43.587, obtenue en 1978).
On est servi quand ils traitent de la “crise” : “dépression”, “pire que la crise de 1929″ (ils y étaient ?), “régression”, “panique”… bref, des mots pour attirer le chaland et qui, à force, entraînent le moral à la baisse. C’est à l’animateur qui va le plus exagérer, faisant ses choux gras du séisme financier, se faisant un malin plaisir d’attiser les craintes.
Ouvrez vos yeux, écoutez Anggun, faites tourner le vin dans votre verre, humez, regardez-le...
Dans cette période, donc, lavons-nous l’esprit : prenez votre verre de vin préféré (pensez au vigneron qui l’a fait, si vous le connaissez, c’est plus sympa), mettez votre cd du moment, installez-vous confortablement et regardez la toile que vous pouvez avoir en face de vous (ou imaginez). Pensez aux vrais : Turner (le roi du Paysagisme), Van Gogh (l’Expressionisme à l’extrème), pensez au Fauvisme (Gauguin…), au Surréalisme (Magritte, Masson), à l’Impressionnisme bien sûr (Renoir, Monet), à Picasso (qui d’autre pour le Cubisme ?), Da Vinci (pour la Renaissance), les maîtres du Baroque (Vermeer, Rubens, Rembrandt). Bref, profitez du nez et de la vue, ces sens dont on se sert -aussi- pour savourer ce “Sang de la Terre et du Ciel” qui nous est cher.
Mais attention à l’art contemporain… Oubliez les rigolos comme Jeff Koons (vous savez, le homard gonflable exposé à Versailles) ou Warhol (qui n’en pouvait plus de répéter ses trucages photos)… comme certains “créateurs” inconnus, dont les prix ne sont vraiment pas donnés et le talent quelque peu succinct (au hasard, ce site, celui-ci, ou celui-là, où il faudrait plutôt parler “décoration d’appartements” que d’œuvres artistiques). Bon, il en faut pour tous les goûts. Pensez plutôt aux vrais “grands” : Soulages, Tal-Coat, Bonnard, Calder, Zao, Chillida, Braque… (Miro, Dali, Giacometti ou Chagall sont beaucoup moins à mon goût, ou pas du tout). Il y en ad’autres.
Car l”art, c’est un tout : l’expression du génie humain, l’art de vivre, celui du vin, celui d’être gourmet-gourmand, celui des livres et de la musique, etc. L’art, c’est aimer la force des hommes et de la nature, tout ce qui crée une osmose entre le réel et l’imaginaire, et nous distingue des plantes vertes.
Une 2e pause musicale avec Dylan qui interprète “Knocking on Heaven’s Door” (la version de Clapton est tout aussi réussie, c’est ma chanson préférée, quand je suis à Ibiza, après un tour en moto, attablé au bar de Santa Anès (là, impérativement “una cana”, une bière, à l’ombre, face à cette superbe petite église blanchie à la chaux, à la “mexicaine”).
J’ai une passion pour l’art contemporain. Pour l’art en général, d’ailleurs. J’ai acheté lorsque j’avais 20 ans (à crédit, je n’avais que des dettes) mes premiers tableaux (ceux où l’espace -celui des planètes- est omniprésent) à mon ami Michel Guéranger (on allait tous les trois, avec Lionel Poilâne, à un bon nombre de vernissages), puis auprès d’une amie galeriste nantaise.
Pas besoin d’argent, ni de frime, le goût, l’instinct et la curiosité primaient. Eclectique, j’ai acquis régulièrement d’autres œuvres, soit directement chez des artistes, soit dans des ventes aux enchères, et, même si l’on hésite toujours à signer un chèque, le pendant vaut la peine. On rejoint ainsi le monde du vin, où l’argent n’a pas d’importance tant on se fait plaisir avec peu de chose. C’est toujours vrai.
On a tous des périodes. Cinq peintres me tiennent donc particulièrement à cœur en ce moment : Hartung, Zao Wou-Ki (j’ai choisi pour illustrer cet article la photo de l’une de ses Eaux-Forte -mon cadeau d’anniversaire, qui trône face à moi, dans mon bureau), passionné notamment par l’encre de Chine, Poliakoff, Chillida (grandissime sculpteur, avant tout) et Soulages. Si les toiles de Chillida et de Soulages sont totalement innaccessibles, Hartung suivant de près, on peut prendre beaucoup de plaisir avec leurs estampes, dans une fourchette de prix sages (de 1.000 à 4.000 €). Profite-en, les prix baissent, et les galeristes sont enclins à faire des efforts en ce moment.
Je parcoure la bio de Zao en ce moment, et vous la conseille. C’est un livre d’une grande intelligence, où la sensibilité rejoint l’humilité, la passion et le talent, ce que l’on retrouve auprès d’un bon nombre de vignerons que je soutiens.
Quatre points majeurs, donc, pour ne pas se tromper :
1/. En peinture comme en musique (idem pour les vins), on ne peut comprendre une œuvre que si l’on en connait l’histoire : il faut d’abord “apprendre” le peintre et l’apprécier, suivre sa démarche. Ses premières œuvres sont souvent les plus intéressantes (et les plus recherchées) : elles donnent le “la” de l’artiste, à une époque où, inconnu, il ne se répétait pas ou ne créait pas pour vendre. Sa “patte” est alors la plus forte, même si, plus tard, certains vous diront que l’aboutissement est total (rien n’est moins sûr). Par exemple, on retrouve toute la force d’Hartung dans ses créations des années 1953-1954, beaucoup plus incisives que celles des années 1975. On ressent vite sa rage contre la bêtise et la guerre qui se dégage de ces traits, d’autant plus si l’on sait le parcours de cet ancien légionnaire, blessé dans sa chair et son cœur…
3e pause musicale avec John Lennon, parfait à Ibiza comme à Auros.
2/. Il faut -outre se faire plaisir- investir dans les petits tirages (50 à 100). Après tout, si vous achetez une estampe de Chillida (ne comptez pas moins de 4.000 €) reproduite seulement à 30 exemplaires, vous ferez partie des 30 personnes au monde à en posséder une, ce qui n’est pas rien.
3/. En règle générale, préfèrez les Eaux-Fortes (acide employé sur une plaque de cuivre, créant des “trous” au travers desquels la peinture s’infiltre), qui ne permettent pas de revenir en arrière (la technique “sans repentir”) aux Lithographies et surtout aux Sérigraphies. Pour Soulages, par exemple, il y a chez lui un réel intérêt pour cette méthode d’expression, véritable démarche artistique, et son univers “colle” au relief du papier. Voir son Eau-Forte N°2, la seconde qu’il réalisa, très intéressante sur sa démarche future (le “noir” profond).
4/. Il faut éviter les “stakhanovistes” de l’estampe comme Dali, Bellmer, Vasarely, Ernst, Tapies. Et l’on peut débuter avec de belles lithos très abordables (200 à 500 €) de peintres moins connus qui sont des valeurs sûres comme Tal-Coat (une démarche reconnue), Olivier Debré (plus flamboyant, mais belle maîtrise), Alicia Penalba, Raoul Ubac, Paul Jenkins (le geste est ample) ou Claude Viallat, dans un style plus neutre. Encore plus abordables (autour de 30 €, le prix d’une sortie à 2 au ciné, en comptant les chips), les livres DLM (Derrière le Miroir) des Editions Maeght.
En passant votre commande, écoutez Maria Callas (sa plus belle version de Carmen) :
En ce moment, j’ai un coup de cœur pour l’œuvre (sans titre, mais à quoi sert un titre ?) d’une jeune artiste, Véronique Riboulot, un autre cadeau d’anniversaire (du pot, cette année), que j’ai installé dans mon bureau (c’est la grande toile, sur tout le mur, à gauche de la photo, aux côtés de laquelle trône la sculpture des violons d’Arman, que j’admire depuis des années, et, à droite, on aperçoit une toile de mon ami Guéranger, dont je parle plus haut). Véronique a créé un “espace” où se rejoignent un rien de mysticisme et une apogée “des corps et de la danse”, me dit-elle. Elle a raison, et mon “coup de pouce” vous incite à découvrir son travail.
Autre pause avec Lou Reed (on est quand même bien loin de la “télé réalité” et des “stars” actuelles, sans voix, sans talent) :
Côté musique, n’oubliez pas cet enregistrement (du très grand art), la voix de Billy Preston, le roi Eric Clapton à la guitare (avec les lunettes, cheveux courts), le prince Ringo Starr à la batterie (veste rouge), Sir Paul McCartney…, le top : asseyez-vous sereinement, coupez le téléphone et profitez !
Et puis, un peu de nostalgie, avec Polnareff (qui nous donne, lui, une leçon de piano) :
Ou, un coup de chapeau, à notre Johnny (que j’ai croisé il y a déjà bien longtemps, à Aix-en-Provence), qui peut être fier d’une carrière pareille :
Mais que cet intermède ne vous fasse pas croire que je sois trop gentil (ou que je n’ai pas de mémoire) : il y a aussi pas mal de déceptions cette année et beaucoup d’éliminés dans mon prochain Guide, que je viens de “boucler”. En voici quelques uns, qu’ils soient de faux-amis et/ou incompétents, snobs, mondains, mercantiles…, trop, c’est trop, et beaucoup n’ont plus rien à faire dans mon Guide. D’autres éliminés le sont, simplement, faute de m’avoir fait parvenir des échantillons, et je n’ai pas pas pour habitude de parler d’un vin sans l’avoir dégusté (d’autres le font)… Tout cela n’est pas bien intéressant, ce sont ceux qui restent (ou y rentrent) qui méritent les honneurs.
- À éviter, certains vins de Bordeaux et de Languedoc qui se rejoignent aujourd’hui : leur surconcentration, qui leur donne un goût à la limite de l’écœurement, associée à des prix inadmissibles. Voir l’article sur AgoraVox
- et, je ne m’en lasse pas : risible (je vous laisse juge), je me rappelle de cette vidéo où Marie Schyler, chez Kirwan -éliminé de mon Guide depuis quelques années, aujourd’hui chez Pichon Baron (éliminé tout autant), démontrait à son insu (de son plein gré ?) qu’il vaut mieux se taire, parfois, devant une caméra, en avouant “faire” un vin pour avoir de bonnes notes chez Parker, nonobstant toute idée de terroir et de caractère. C’est beau, la poésie.
Ne vaut-il pas mieux profiter de celle de Cervantès (Don Quichotte) :
“J’ai toujours à mon arçon, dit l’heureux interlocuteur de Sancho, d’un côté une bonne cantine de viandes froides, de l’autre cette bouteille que j’aime, que je chéris et que j’embrasse à tout moment.
- Monsieur, reprit Sancho d’une voix tendre, voulez-vous bien me permettre de l’embrasser une fois ?” L’inconnu remit alors la bouteille dans ses mains. Sancho la porte à sa bouche et, se renversant sur le dos, il se met à regarder les étoiles et demeure au moins un quart d’heure dans cette position qui lui plaisait. En se relevant, il fait un soupir, laisse tomber sa tête sur son sein.
“Ah! monsieur, dit-il, ah ! monsieur, c’est lui ! je le reconnais: Il est de Ciudad-Real! - Vous avez raison, c’est de là qu’il est; de plus, il a quelques années.
- À qui le dites-vous? Mon Dieu! Il n’y a pas de vin dont je ne devine, à la seule odeur, le pays et la qualité; c’est une vertu, un don de famille.”
Ecrit il y a 4 days, 12 hours à 11:29. 1 commentaire
Depuis plus de 20 ans, la Garden-Party de MILLÉSIMES, la veille de Vinexpo, est un rendez-vous convivial où quelque 200 propriétaires passionnés et talentueux sont invités chez Brigitte et Patrick Dussert-Gerber. Certains se contentent de coupes de Champagne avant d’installer leur stand au salon, d’autres restent déjeuner, passant une bonne partie de l’après-midi à choisir et déguster plusieurs centaines de bouteilles prestigieuses, dans une ambiance chaleureuse…
Apéritif Champagne et Pains Surprises (saumon, noix…) : 109 bouteilles débouchées de la Cuvée des Caudalies de De Souza (qui a fait la Couverture de MILLÉSIMES 2009), et des grandes cuvées des maisons Alain Thiénot, Pol-Roger, Charles Heidsieck, Gosset, Ellner, Gonet-Sulcova, Devaux, De Telmont, Pierre Arnould, Lénique, Vergnon, Legras & Haas, De Venoge…
Saumon écossais fumé de Petrossian sur 114 bouteilles de Meursault La Pièce Sous le Bois Ampeau 1990, Muscat Alsace Huber & Bleger 2007, Puligny-Montrachet Clos du Caillerets Clos des Lambrays 2006, Chablis Grand Cru Valmur Tremblay 2002, Meursault-Charmes Antonin Guyon 2004, Smith-Haut-Lafitte 2006, Criots-Bâtard-Montrachet Blodeau-Danne 2006, Corton-Charlemagne Marey 2006, Chablis Grand Cru Vaudésir Robin 2006, Puligny-Montrachet Les Combettes Jomain 2006…
Sur les viandes et fromages, 187 bouteilles de rouges débouchées dont les Charmes-Chambertin Rebourseau 2000, Saint-Émilion Grand Cru Classé Guadet 2000, Blagny La Pièce Sous le Bois Ampeau 1976, Pomerol Beauregard 2001, Morey Premier Cru Les Monts-Luisants 2002, Pauillac Fonbadet 2000, Médoc La Tour de By 2001, Échezaux et Vosne-Romanée Lamarche 2006, Nuits-Saint-Georges Les Saint-Georges Chevillon 2004, Pomerol Certan de May 2001, Fixin Premier Cru Napoléon Gélin 2004, Moulis Maucaillou2004, Châteauneuf-du-Pape Mont-Redon 1999, Saint-Émilion Grand Cru Classé Lamarzelle 2001, Pommard Premier Cru Les Épenots Mussy 2004, Saint-Estèphe Clauzet 2004, Lalande-de-Pomerol Canon-Chaigneau 2001, Saint-Émilion Grand Cru Mauvinon 2001, Volnay Premier Cru Caillerets Marquis d’Angerville 2004, Marsannay Clos du Roy Audoin 2005, Saint-Émilion Grand Cru Classé Balestard-la-Tonnelle 2003, Fronsac Château de la Rivière 2004, Clos des Lambrays 2002, Bandol La Bastide Blanche Fontanéou 2001, Volnay-Santenots Prieur-Brunet 2006, Saint-Émilion Grand Cru Classé Cadet-Piola 2005…
Plus de 190 propriétaires, dont 130 restent au déjeûner, et, pour mémoire, quelques photos (les légendes seront dans le prochain MILLÉSIMES) où chacun se reconnaîtra…
Lorsque, en 1985, j’ai été le premier à remettre en cause le « fameux » Classement des vins du Médoc, qui datait de 1855, cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens.
Il m’a semblé ensuite logique de développer des classements pour toutes les régions de France, pour la grande majorité des appellations. En revanche, et c’est contraire à la mode, je me suis toujours refusé à « noter » un vin. La raison en est simple : c’est pour moi une négation de ce « Sang de la Terre et du Ciel » que de l’affubler d’une note. Ce serait oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. C’est une facilité pour attirer le chaland, qu’il me serait simple d’appliquer si je ne respectais pas autant les vignerons, que j’aime rencontrer car ils ont aussi leur importance (convivialité, passion…).
Mes Classements évaluent les meilleurs rapports qualité-prix-plaisir. Ils tiennent compte de tous les producteurs : vignerons, négociants et caves coopératives. Ils sont ouverts à tous.
Dans le prochain Guide, donc, que je peaufine durant le mois de Juin, il va y avoir beaucoup de modifications : des déclassés, notamment en Médoc, Saint-Émilion, Champagne, Alsace, Loire, qui vont se retrouver de la 1ère place à la 2e, voire à la 3e…, d’autres qui vont accéder au sommet, en Graves mais encore en Champagne ou en Provence…, bref, cela va me faire des amis et d’autres qui le seront moins (ou plus). J’ai l’habitude !
Pour mes Classements, trois points sont donc à retenir :
1 – Mes Classements ne sont pas figés et contiennent une hiérarchie interne.
2 – L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes.
3 – Chaque Classement est propre à une région.
Mes Classements ne sont pas figés et ont une hiérarchie interne
- Les 1ers grands vins classés
Le sommet, même il s’agit de « comparer » non plus uniquement l’image de marque mais une réelle et très grande régularité qualitative. Aux côtés de crus incontournables, quelques autres atteignent des sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et un rapport qualité-prix indéniable. Il est impératif de suivre la hiérarchie interne de chaque classement, les premiers des Premiers Grands Vins classés étant supérieurs aux autres Premiers. On l’aura compris, ce sont de grands “coups de cœur”.
- Les 2es grands vins classés
À Bordeaux (Médoc, Graves et Saint-Émilion, précisément), en Bourgogne et surtout en Champagne notamment, c’est la catégorie qui réserve le plus de surprises, et les coups de cœur y sont également nombreux. À elle seule, cette catégorie est une véritable hiérarchie, et de nombreux producteurs y évoluent selon les derniers millésimes ou cuvées dégustées. Aux côtés de certains « grands » crus (ou marques) historiques qui parviennent à se maintenir au plus haut niveau, plusieurs vins moins connus y figurent, grâce à leur régularité qualitative et un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Certains vins de cette catégorie peuvent d’ailleurs prétendre atteindre des sommets (ils ont alors un *), et d’autres méritent largement leur place grâce à un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel, même s’il faut savoir aussi respecter la hiérarchie interne de cette catégorie, qui bouge régulièrement. En tout cas, de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que certains domaines, dont la notoriété n’existait pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie, à s’imposer et à devenir incontournables.
Les 3es grands vins classés
C’est une position « d’attente » où l’on trouve des vignerons qui élèvent des crus qui n’ont pas été suffisamment dégustés et qui peuvent détrôner des vins plus connus dans les dégustations à l’aveugle. Ces producteurs peuvent donc monter en grade, bénéficiant d’un *.
D’une manière générale, le fait même d’être dans ces Classements implique une haute tenue qualitative. Les vins ne sont intrinsèquement pas comparables, le Classement ne fait donc que les situer les uns par rapport aux autres, selon l’évolution des millésimes. Les « premiers » des Deuxièmes Grands Vins classés, par exemple, sont très proches de la catégorie Premiers Grands Vins classés. Il faut donc bien sûr tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand cru, sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre cru, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix est excellent. Cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Dans tous les cas de figures, certains vins classés peuvent mériter mieux dans des millésimes précis (ils sont indiqués alors par un *).
L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes
Un « grand » vin, ou plutôt un vin digne de ce nom, se mesure uniquement sur son potentiel d’évolution, sa régularité qualitative, même dans des millésimes délicats comme 97 ou 92, ou difficiles à maîtriser comme 2007, 2003, 2002, ou 94. Ces critères sont la base même de ces Classements, remaniés chaque année, qui tiennent compte de l’évolution des millésimes précédents et peuvent être remis en cause par la qualité des prochaines cuvées et des prix.
La plupart des producteurs retenus ont été suivis depuis 30 ans, ce qui permet de se faire une véritable idée de la régularité qualitative. C’est la seule chose qui compte pour pouvoir juger tel ou tel cru, et ne pas se laisser prendre par une cuvée spécialement « arrangée ».
Quelques châteaux repris récemment sont classés en tenant seulement compte des deux ou trois derniers millésimes, et leur évolution viendra conforter ou non leur place actuelle. Ils sont indiqués entre parenthèses pour l’instant, tout comme les crus dont l’augmentation des prix et/ou les résultats des dégustations varient, dans le bons sens comme dans l’autre et qui demandent d’être attendus pour pouvoir se prononcer plus précisément. Les Classements ne sont donc pas statiques et se veulent le reflet d’une situation annuelle et globale dans une appellation, qui tient compte de paramètres fondamentaux : typicité des crus, caractéristiques propres, qualité des vinifications et de l’élevage, homogénéité et régularité qualitative des cuvées, évolution des millésimes, politique qualitative des propriétaires, rapport qualité-prix… Les absents le sont principalement quand les dégustations effectuées n’ont pas été suffisantes pour pouvoir situer le vin, ou vraiment quand le rapport qualité-prix-typicité est incautionnable, le but n’étant pas d’en oublier volontairement.
Chaque Classement est propre à une région
Intrinsèquement, les vins ne sont pas les mêmes. Chaque cru retenu possède son propre caractère et demande à être apprécié en tant que tel, sans faire de véritable comparaison avec tel ou tel autre. Aucun Classement n’est donc à comparer avec un autre, et il ne doit pas y avoir de rapprochement entre une région ou une autre.
On se doute bien qu’un Premier Grand Vin Classé de Chinon n’est pas au même niveau qualitatif qu’un Premier Grand Vin Classé du Médoc. C’est au sein d’une même région ou appellation qu’il faut comparer les vins. Un Deuxième Grand Vin Classé du Languedoc ne joue évidemment pas non plus dans la même catégorie qu’un Deuxième Grand Vin Classé de Bourgogne.
On peut décliner les exemples et on aura compris qu’un Beaujolais Classé n’est pas à rapprocher d’un Pomerol au même niveau dans son Classement propre, idem pour un Sancerre et un Pessac-Léognan, un Bandol et un Vosne-Romanée, un Minervois d’un Pauillac, etc. Ainsi, dans les Classements de Bordeaux et de Champagne, j’ai également classé les vins en deux catégories, « puissance » et « élégance », pour mieux prendre en compte justement le caractère propre de chaque vin et éviter des comparaisons hasardeuses.
Mes classements ne peuvent et ne doivent pas être confondus ni comparés avec aucun autre classement, officiel ou non, qui emploierait le terme de « cru classé » ou « grand cru » ou « grand vin » ou n’importe quel autre terme, et ne remettent bien sûr pas en cause les classements officiels qui peuvent exister.
J’ai commencé la rédaction de mon Guide 2010, en ce qui concerne une partie de la Loire, et mes sélections de l’année vont être sévères dans cette grande entité, ce qui veut -aussi- dire que les vignerons dignes de ce nom vont être particulièrement mis à l’honneur, la typicité, l’accueil, la passion, le prix et la régularité qualitative primant.
J’ai débuté mon métier dans le Muscadet, il y a trente ans, je connais bien cette région, j’aime les vins que l’on y produit, de Nantes à Sancerre. Il faut dire que l’on trouve des vins à un rapport qualité-prix formidable : un Saumur-Champigny à 10 € ou un Sancerre à 12 € avec des typicités exceptionnelles issus de terroirs uniques। Qui n’a pas goûté l’expression du Sauvignon à Sancerre ou à Pouilly ne connaît rien au potentiel réel de ce cépage, qui ferait pâlir d’envie un bon nombre de producteurs d’autres régions et pays, où manque ce que l’on trouve ici : la minéralité !
- Dans le PaysNivernais, les vins possèdent deux atouts considérables : un rapport qualité-prix réellement exceptionnel et une complexité due bien sûr à ces sols différents, les uns plus spécifiques que les autres. Il suffit de goûter un Sancerre Les Belles Dames et un autre Les Romains, un Quincy ou un Pouilly-Fumé “silex” pour s’en assurer. Cela fait donc du bien de “sentir” la puissance des terroirs et permet de renvoyer au jardin d’enfants les nouveaux vins qui poussent partout et les producteurs qui croient encore qu’il suffit de planter un cépage pour obtenir un grand vin… Comment ne pas succomber sous le charme et la race des vins des Natter, Brock, Redde, Gitton, Teiller, Pabiot ou Malbète, lesSancerredesBalland, ThomasouRoger, lesPouilly-Fumé desChampeau, Coulbois, Landrat-Guyollot, Barrillot, Blanchet ou Bonnard ? Ily a aussiLes Caves de Pouilly-sur-Loire (beau Pouilly-Fumé Tonelum Vieilles Vignes 2006, fort bien élevé en fûts de chêne, typé, complexe, tout en persistance aromatique, alliant finesse et nervosité, aux notes de noisette et de fleur blanche, très agréable en finale, à ouvrir sur des lasagnes au saumon.)
Il y a bien entendu des excès dans la région, en rendements comme en prix, et il faut donc choisir les vignerons simples et fiers qui s’attachent à élever quelques-uns des plus grands vins blancs secs de France. À Sancerre comme à Pouilly, à Menetou-Salon ou à Quincy, la région fourmille de vins qui possèdent une typicité exacerbée. Le cépage Sauvignon sait en effet se marier parfaitement avec ces sols de silex, d’argiles ou de marnes, et produit, selon chaque millésime, une typicité propre. Un bon nombre de propriétaires sont présents dans ce Guide depuis longtemps, ce qui prouve leur régularité qualitative, et leur place dans mon Classement est la confirmation de leur talent.
Ces vignobles ont bien évolué en continuant à produire d’excellents vins sans trop modifier leur ligne de conduite. Cela prouve que l’on peut se développer sans se laisser influencer par des conseils extérieurs qui tendent à vouloir tout bouleverser.
- En Anjou-Saumur, j’aime retrouver ces hommes et ces femmes qui s’attachent à défendre leur personnalité. Peu d’autres vins peuvent “copier” les meilleurs crus de la région, marqués par ces sols de tuffeau ou de roche calcaire en parfaite osmose avec les cépages Cabernet franc et Chenin, le premier s’épanouissant sûrement le mieux ici, dans cette région où il fait bon s’octroyer quelques étapes gourmandes et historiques. De Champigny à Beaulieu-sur-Layon, du Puy-Notre-Dame à Parnay, la région est riche en terroirs et en saveurs, avec des blancs secs très agréables, des rouges puissants et colorés, au nez de violette comme ceux de Saumur-Champigny qui ont pour fers de lance le Château de Targé, Domaine de la Petite Chapelle, le Clos des Cordeliers, le Domaine de la Guilloterie, le Domaine des Amandiers). Superbes liquoreux (Coteaux-du-Layon du Domaine d’Ambinos, exceptionnel Bonnezeaux de Jacques Beaujeau, au Château La Varière), qui atteignent régulièrement les sommets depuis plusieurs années, et peuvent inquiéter d’autres vins liquoreux qui auraient tendance à s’endormir sur leurs lauriers, beaucoup plus chers et beaucoup plus renommés, du coin comme de l’Alsace ou de Bordeaux.
En blancs secs comme en rouges, le Domaine de la Paleine (le Saumur blanc Domaine Molto Vivace 2006 est une très belle réussite, frais, fruité, associe rondeur et finesse, de bouche intense où dominent les agrumes et les fruits secs, tout en persistance aromatique, d’une belle longueur) et le Château de Beauregard (goûtez son superbe Saumur rouge cuvée Nathalie 2005, de couleur pourpre, est riche au nez comme en bouche, tout en finesse, charmeur, avec des tanins soyeux, au bouquet subtil et ample (violette, pruneau), un vin de bouche très équilibrée, de garde) et le Château de Brézé (Le Clos de l’Étoile rouge 2005, Cabernet franc sur terroir argilo-calcaire, est très typé, un vin de bouche pleine et riche, aux nuances complexes de petits fruits noirs (cerise, cassis), puissant et savoureux, de belle évolution) sont incontestablement en tête, suivis du Savennières du Domaine des Moines ou de l’Anjou du Domaine des Trottières.
Les Crémants de Loire (et Saumur), du brut au demi-sec, bénéficient d’un rapport qualité-prix-plaisir réel. Leur élaboration est soumise à des règles strictes. Le rendement de base est de 50 hl/ha soit 7 500 kg de vendanges. Les vendanges manuelles, le pressurage soigné, l’art des assemblages et une seconde fermentation de 1 an au moins (qui peut atteindre 18 mois) en bouteilles dans les caves de tuffeau leur confèrent une fine mousse et des arômes délicats qui varient selon les terroirs. Mon ami Patrice Monmousseau (Bouvet) tire toujours toute la région vers le haut, notamment avec cet exceptionnel Saumur brut blanc Saphir Vintage 2005, de belle couleur jaune ambré, avec ces reflets verts typiques, finement bouqueté, ample, à la mousse élégante, un vin très bien élevé, généreux et distingué, comme nous les aimons, de mousse persistante, très fruité, une cuvée d’une belle complexité aromatique (brioche, pêche).
En fait, je trouve que les meilleurs vins ont le même goût qu’avant, les vins sont mieux faits, c’est une évidence, mais, ce sont les mêmes vins que dans les années 1980. C’est d’abord le signe d’une fidélité des hommes à leur spécificité. Et puis, les propriétaires de la région sont en contacts fréquents et directs avec les consommateurs qui circulent sur leurs routes très touristiques, et l’on n’est pas loin non plus de la capitale.
- En Touraine, même analyse. Géologiquement, la Touraine appartient au Bassin parisien : au cours des ères géologiques, cette grande cuvette a été comblée par des sédiments marins ou continentaux qui se sont transformés en couches de roches sédimentaires. D’une parcelle à l’autre, on passe de zones argilo-sableuses à des zones sablo-argileuses, de terres argilo-calcaires à des terres de sable, d’argile et de silex. Dans ce vignoble, la typicité s’associe à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable. Le plaisir des arômes, le fruité des rouges, la fraîcheur des blancs secs, la suavité des moelleux… tout concourt au plaisir du vin. On le voit bien (confer cette Sélection) chez mon ami Henri Marionnet, fidèle à lui-même (savoureux Touraine cuvée Les Cépages Oubliés Gamay de Bouze 2005, de teinte rubis, au nez où dominent la mûre, la fraise et l’humus, corsé et d’une belle élégance à la fois, avec des notes de violette et des tanins mûrs), comme chez Jean-Christophe Mandard, Anne-Cécile Roy, au Domaine du Charbonnier ou au Domaine de la Chaise… Châteaumeillant n’est pas loin, et l’on peut faire une halte au Domaine Chaillot.
En rouge, trois autres appellations sortent du lot : Chinon, bien sûr, où la race rejoint une vraie typicité (les grandes valeurs étant Couly, Paul Buisse (Chinon L’Exceptionnel de Paul Buisse 2006, Cabernet franc, vinifié avec une cuvaison de 3 semaines, un vin de robe intense, charpenté, parfumé, aux notes de fruits cuits (prune, groseille, griotte), tout en bouche, riche, de très belle évolution), Domaine Gouron,Logis de la Bouchardière, Domaine de la Chapelle, Dozon, bien sûr), puis Bourgueil (Les Pins) et Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Jarnoterie, Clos des Quarterons, Clos du Vigneau), où l’on se rend aussi bien compte de l’expression de ces terroirs de tuffeau et de graviers. La race du Cabernet franc s’exprime parfaitement sur ces terroirs variés d’argile ou de silex, où le tuffeau croise les Perruches ou les Aubuis. Les moelleux sont superbes, en Montlouis (Leblois) comme à Vouvray, où les sensations gustatives sont exacerbées grâce à ces grands vins racés, denses, veloutés, comme ceux de la famille Dumange, au Clos de l’Épinay ou du Château de Valmer (profitez-en pour admirer les jardins, labellisés “Jardin Remarquable” par le ministre de la Culture en 2004, le potager conservatoire de légumes anciens et la chapelle troglodytique de 1524), suivis par ceux de Lionel Gauthier-Lhomme ou de la famille Aubert.
- En Pays Nantais, je suis attaché à ces propriétaires du Muscadet qui respectent la fraîcheur. On peur citer Robert Chéreau, Michel Morilleau, Jean-Michel et Laurent Poiron, Yves Provost, Jean Dabin, Tourlaudière, Elget, Pourtant, certains vins sont sans nervosité, issus de vendanges et de vinifications appropriées, un “style” de Muscadet qui sent les parfums exotiques. Il en est de même pour les vins provenant de raisins “passerillés”, aux “vendanges tardives”, aux élevages en fûts neufs qui n’ont rien à voir avec la grande tradition des vins de Nantes et ne font que les dépersonnaliser un peu plus.
La typicité est notamment liée à la mise en bouteilles sur lie, qui consiste à laisser les vins reposer sur leur lie durant 4 ou 5 mois après leur fermentation jusqu’à leur embouteillage. Elle permet de protéger le vin de l’oxydation et lui confère une fraîcheur et un perlant caractéristique, grâce à une présence importante de gaz carbonique (un Muscadet sur lie en contient deux fois plus qu’un Muscadet). La spécificité existe bien car le sous-sol est composé de roches de l’ère primaire, et se particularise par un système complexe de failles et un métamorphisme poussé. On y trouve en majorité des roches mères éruptives (35% de gneiss, micaschistes, éclogites, amphibolites et prasinites). Cette diversité induit des différences notables de précocité et de rendement. Les vins récoltés sur schistes, micaschistes, gneiss du bassin versant de la Loire et du marais de Goulaine sont généralement précoces et tendres. On les trouve, entre autres, sur les communes du Landreau, du Loroux-Bottereau, de Haute-Goulaine, et certaines communes des coteaux de la Loire. Les vins récoltés sur le secteur est du vignoble (Vallet, Mouzillon, Georges, Corcoué sur Logne…) et issus de terrains de gabbros et de roches vertes, sont plus tardifs.
J’habite à quelques kilomètres de ces appellations, et je crois les connaître comme le creux de ma main. Depuis trente ans, j’ai suivi, en effet, les achats, les extensions, les frimes, les camions déversant des galets, admiré, cotoyé et sympathisé avec des “figures” exceptionnelles : Patrick Ricard à Chevalier, Jean Sanders à Haut-Bailly (on avait le même club d’aviation, à La Réole), Antony Perrin (Carbonnieux, “pied-noir” comme moi, ce qui nous a toujours rapproché), la famille Marly (anciennement Malartic-Lagravière), Gérard Gribelin (Fieuzal, parti se faire plaisir au Maroc), François Lévêque (Chantegrive), Jean-Bernard Delmas (Haut-Brion, aujourd’hui à Montrose, son fils, Jean-Philippe, ayant repris sa suite à Haut-Brion)…, constaté avec rage -ou ironie- des plantations de vignes dans des territoires sans intérêt, où le maïs pousserait aussi bien (je connais, il en pousse, chez moi).
Bref, c’est peut-être la région où je connais le plus la moindre parcelle, de la meilleure à l’inadmissible… Je peux donc en parler.
Pessac-Léognan
C’est certain, c’est le vignoble qui a le plus progressé, par étapes, même si quelques-uns ont eu parfois la main leste pour planter dans des coins peu concainquants. Auparavant, il n’y avait, en effet, que quelques grands crus dont on parlait : Chevalier, que le cher Olivier Bernard a su, avec toute sa passion, faire encore plus progresser (le blanc est extraordinaire, le meilleur de toute la région), la Mission…, d’autres m’ont déçu : Haut-Bailly, où l’on se rend bien compte que Jean Sanders lui donnait toute son âme, Fieuzal (qui n’est plus le même depuis le départ de Gérard Gribelin), etc…
Beaucoup -pas tous- de propriétaires-investisseurs à Pessac-Léognan ont eu l’intelligence d’associer la modernité (des vins plus ronds, etc) à la tradition, en laissant toute la spécificité de leurs terroirs s’exprimer. Smith-Haut-Lafitte en est le plus beau fer de lance, tant les Cathiard ont su imposer leur vin et s’implanter d’une manière particulièrement intelligente dans la région, notamment au travers de leurs restaurants, dont les “Sources de Caudalies”, où l’on est bien content désormais d’aller déjeûner (extra, leur “Table du Lavoir”) ou dîner, voire de se détendre dans leur spa. Là, encore et toujours, il faut pouvoir déboucher des millésimes relativement anciens pour comprendre la force du terroir, que l’on ne peut juger sur un millésime trop jeune. Malartic, suit, avec un blanc particulièrement époustouflant.
Bien sûr, ces grands vins ne sont pas donnés, mais ils ont aussi une gamme de prix cohérente qui correspond au marché, par rapport aux autres vins de France, et aux vins étrangers. Je fais régulièrement des verticales de Carbonnieux ou de La Tour-Martillac, qui sont, à mon sens, les plus beaux exemples, de très grandes valeurs sûres bordelaises, depuis des années, à des prix fort sages, et une telle régularité qualitative cela mérite un coup de chapeau.
Mon Classement 2009 a révolutionné les stéréotypes en faisant accéder au sommet plusieurs crus de Pessac-Léognan pour leur rapport qualité-prix-plaisir incontournable et pour récompenser les efforts des hommes de ces crus. À leurs côtés, j’ai très bien noté, suivant leur évolution qualitative depuis plusieurs années, trois autres vins qui méritent les honneurs : Luchey-Halde , un vin qui ne m’a jamais déçu (ce n’est pas si courant); Seguin, où l’équipe en place confirme tout le potentiel de ce cru, dont le second vin, à lui seul, mérite une commande; Brown (le blanc est superbe), où Jean-Christophe Mau donne largement satisfaction à son père, mon autre ami Jean-François, en s’attachant à élever des vins riches en bouquet comme en matière. On peut aussi retenir : Mirebeau, Haut-Plantade ou Haut-Lagrange (confer Article).
Et puis, ce n’est pas si facile de réussir à la fois du blanc et du rouge, et les propriétaires que nous soutenons ont aussi le mérite de réussir cela. Les vins blancs de Pessac sont tout à fait remarquables et rentrent dans la “cour” des grands vins blancs du monde et les rouges sont parvenus à un haut niveau qualitatif et cela dans toute la gamme.
Évidemment, d’autres ont exagéré, accumulant les “prouesses” œnologiques, faisant des vins insipides, marqués par des senteurs tropicales (sic), et trop chers. Il y a donc aussi, on s’en doute, des vins de Pessac-Léognan largement dépassés par des vins de Graves, notamment si on parle de qualité-prix…
Les Graves du Sud
Je me souviens des querelles d’hommes lors de cette séparation des Pessac-Léognan avec les Graves du sud. Pourtant, il fallait bien que les Graves de Pessac-Léognan se distinguent de ceux de Langon, les terroirs étant fort disparates.
En parallèle, l’appellation de Graves a également explosé qualitativement, dans les blancs comme les rouges et cela dans une gamme de prix très large : c’est dans cette région qu’il y a eu le plus grand bouleversement qualitatif ces vingt dernières années. On fait des vins superbes à Landiras, à Podensac, à Portets ou à Beautiran, et je n’ai pas hésité longtemps à les faire accéder au sommet dans mon Classement, tant leur rapport qualité-prix-typicité est réussi. On reconnaît facilement “à l’aveugle” un vin de Graves, ce qui prouve bien qu’il y a une identité.
Pour preuves, plusieurs crus sont particulièrement savoureux dans cette appellation : Chantegrive, de la famille Lévêque, que j’apprécie et soutiens depuis mon premier Guide (j’ai justement dégusté hier un rouge 2003 particulièrement chaleureux); Grand Bos, où l’exigeant André Vincent peut être fier du travail accompli en 20 ans, élevant aujourd’hui un grand vin rouge racé; Grandmaison de Jean Bouquier (le vin que je commande certainement le plus dans l’un de mes restaurants bordelais préférés, tant la régularité qualitative cotoie un prix vraiment très accessible); Rahoul, de mon ami Alain Thiénot, qui y a mis tout son talent ici comme en Champagne.
Ensuite, quatre vins se démarquent aisément du lot, tant il y a de tout dans l’appellation : Mauves, bien sûr, ce vin de la famille Bouche, avec laquelle j’ai des accointances particulières, certainement l’un des plus jolis rapports qualité-prix-plaisir (cela compte) du coin, et depuis un bout de temps; et Le Tuquet, où la famille Ragon élève, discrètement mais depuis longtemps, l’une des plus belles valeurs sûres de l’appellation; ajoutez-y d’Ardennes, que je “suis” depuis plus de 20 ans, et Tourteau-Chollet, du dynamique Maxime Bontoux, qui s’est donné le moyens de faire de son vin une référence. Tous accèdent au statuts particulièrement enviables de “Premiers Grands Vins Classés“, aux côtés des grandes figures toujours incontournables de ces vignobles, même si, bien entendu, il existe une hiérarchie interne à cette catégorie (voir : Pour bien comprendre les Classements).
À la suite, j’ai toujours un “faible” pour de nombreux propriétaires, dont je connais la passion et la volonté de bien faire, certains depuis plus de 20 ans, d’autres plus récemment. Je vous cite donc avec plaisir : Nancy de Bournazel, bien sûr, avec son M de Malle ou Cardaillan (au sommet avec son Château de Malle, à Sauternes), la famille Yung (Haut-Calens), Jean-Noël Belloc (Brondelle), qui habite tout près de chez moi, Françoise Coussié (La Blancherie), Michel Pélissié (qui va redonner ses lettres de noblesse au Château de Landiras), la famille Perromat (Mayne), ou les sympathiques Évelyne et Alain Caillez (Toulouze). Et puis, d’Arricaud, Rougemont, Piron, Saint-Agrèves, Grand-Abord ou Magneau, d’autres châteaux qui comptent, que vous retrouvez dans MILLÉSIMES.
On se doute qu’il y en a d’autres, comme il y en a aussi qui me font sourire ou qui ne m’emballent pas. That’s life !
Ce qu’il faut savoir :
Le terroir de Pessac-Léognan
Le 9 Septembre 1987, un décret reconnaissait l’Appellation d’Origine Contrôlée Pessac-Léognan. L’appellation représente un quart de la superficie des Graves. Depuis 20 ans, les viticulteurs ont fait passer leur surface globale de 550 ha à 1 200 ha.
Le terroir se compose de terrasses construites par la Garonne lors des grandes crues millénaires qui ont apporté une grande variété de débris caillouteux, venus parfois de très loin, notamment des Pyrénées; ces débris caillouteux multicolores, usés au point d’être polis, voire luisants après la pluie, sont plus ou moins enrobés de terre ou de limon. Les Graves de Pessac-Léognan reposent donc sur un sous-sol d’argile, de sable, d’alios, de calcaire et de faluns. Elles sont témoins des cours anciens de la Garonne, mis en place depuis la fin de l’ère tertiaire puis durant le Quaternaire au fur et à mesure que passaient les époques glacaires. Ces graves, composées de graviers, galets roulés par les eaux, ont une épaisseur variant d’une vingtaine de centimètres à trois mètres et plus. La variété du cailloutis est exceptionnelle avec des quartz et quartzites ocres, blancs, rouges et roses, des jaspes, agatoïdes, silex et lydiennes… savant mélange harmonieux et chatoyant. Réfléchissant parfaitement le rayonnement solaire, la grave redistribue progressivement la chaleur sur les grappes. Inscrits dans un relief mamelonné, les dépôts de graves forment des croupes particulièrement bien dessinées dans le paysage, bénéficiant d’une excellente exposition avec des pentes toujours assez fortes pour assurer un drainage naturel. Ce drainage est renforcé par un réseau hydrographique important de petits cours d’eau et d’affluents de la Garonne.
Le terroir des Graves
Vignoble de clairière, au milieu des forêts protectrices, entre Garonne et plateau landais, les Graves sont situées sur une large bande de terre de 55 km de long sur 10 de large, longeant la rive gauche de la Garonne, entre le nord de Bordeaux et le sud de Langon. Le terroir des Graves se compose principalement de terrasses construites par la Garonne lors des grandes crues millénaires. Celles-ci ont charrié une grande variété de graviers, de galets fluviaux ou glaciaires roulés dans les eaux, de débris caillouteux de taille et de couleurs fort différentes. Réfléchissant parfaitement le rayonnement solaire, la grave réchauffe le raisin à la saison venue, contribuant ainsi à la parfaite maturité des grappes. Ces cailloux silicieux (Graves venant des Pyrénées ou de l’ancien lit de la Garonne) reposent en couches parfois profondes (de 50cm à 3m de profondeur) sur un sous-sol très divers : d’abord une base de calcaire, c’est-à-dire des roches à astéries, marquées par les traces anciennes de coquillages (terre idéale pour les vins rouges); puis une couche d’argile, plus ou moins imperméable, où la vigne trouve un peu d’humidité, mêlée par endroit d’alios, un sable durci par un ciment ferrugineux noirâtre (favorable aux vins blancs). Les terrasses en gravières, bien exposées, que l’on doit au fleuve, ont été entaillées par les petits affluents de la rive gauche. Ceux-ci ont sculpté le pays en croupes harmonieuses séparées par de petites vallées. Le plateau des Graves est une succession d’ondulations topographiques dont le drainage naturel est excellent pour la vigne. Les Graves sont à l’abri de la forêt des landes girondines, leur frontière naturelle à l’ouest. La forêt de pins protège le vignoble et fait écran contre les grosses intempéries. La Garonne, toujours à moins de 10 km des pieds de vigne, joue un rôle prépondérant.
C’est l’un de mes moments les plus “hards” de l’année : 10 à 12h par jour sans interruption, je rédige mon Guide. Mes dégustations sont pratiquement terminées et je vais faire intervenir d’autres critères déterminants pour retenir ceux qui seront dans le Guide… ou pas.
Car déguster un bon vin ne suffit pas. Je m’en tiens à trois facteurs, tout aussi essentiels que celui de la “bouche” :
- LE PRIX
Selon moi, un vin ne mérite d’être retenu, encensé, défendu… que si son prix de vente aux consommateurs est cohérent. Abstraction faite des (très) rares crus mythiques pour lesquels le prix ne veut rien dire (Petrus et 4 ou 5 autres, qui sont dans le Guide). Il y a des vins, à tous les prix, que je classe à la tête de mes Classements, des vins qui valent leur 100 € (principalement en Bourgogne et en grandes cuvées champenoises), d’autres qui sont superbes à 10 €, à 7 € ou à 30 €, tout dépend de ce que l’on recherche, de son budget, de l’accord des vins et des mets, des moments présents (on ne boit pas les mêmes vins au printemps qu’à l’automne, avec ses amis ou avec des relations de business, la liste est sans fin…), etc, etc. Le vin est un tout, un art de vivre, et beaucoup de choses doivent être prises en compte avant de le “juger”. Et puis, on ne déguste jamais de la même manière, il s’agit donc d’être particulièrement humble en la matière : tout change selon son humeur !
On comprend alors ce qui m’amuse (et me navre) quand je vois des “dégustateurs” qui se permettent de noter un vin (qu’il n’ont jamais goûté avant) comme s’il s’agissait d’une boîte de petits pois. Ils n’ont rien compris et se dévalorisent eux-mêmes en agissant ainsi. Mais, c’est leur problème, et cela fait des années que je m’en lave les mains.
- L’HOMME (ou la FEMME)
Un bon vin ne peut pas être non plus celui d’un producteur arrogant, imbu de sa “science” ou qui se targue régulièrement de sortir un produit à un prix injustifié.
Il y a des tas de vins que j’aime car je connais ceux qui les élèvent, leur passion, leur honnêteté, leur fidélité. Il y a aussi un bon nombre de vignerons que je soutiens car je connais les difficultés -d’image ou financières- des uns et des autres, selon les régions (Beaujolais, Muscadet, Languedoc, “petits” Bordeaux…). Je ne m’en suis jamais caché, mon rôle, c’est aussi de mettre mon impact au service de ceux qui en ont besoin, à un moment donné.
En parallèle, il y a de très grands crus, partout certes, mais plus particulièrement en Bordeaux et en Bourgogne, où des hommes et des femmes talentueux sont restés fidèles à une déontologie qui mérite le respect. On peut citer Léoville-Barton, Calon-Ségur, Grand-Puy Lacoste, Certan de May, Lamarche, Tremblay.., les Corréziens (Moueix, Janoueix…) et bien d’autres, de Natter à Mont-Redon, de la Provence au Languedoc, que vous retrouvez dans Millésimes, notamment. Ils se reconnaîtront, vous les appréciez, et sont, en tout cas pour un bon nombre d’entre eux, dans mon Guide depuis 30 ans !!! Voir aussi cet article ou Les Vins du Siècle.
On est alors bien loin de ces autres “marchands de vins” médiatiques qui nous vantent leurs dernières trouvailles pour avoir un article complaisant, nous montrent leur super “conseiller” qui va leur faire mariner leur vin comme des sardines dans de l’huile, nous prédisent que nous, les Français, sommes des ringards avec notre volonté de terroir, de typicité… J’en passe, pas de raison de m’énerver pour si peu. Pour mémoire, cet article ou celui-là !
Je revendique donc la subjectivité, qui va de pair avec l’objectivité, si l’on est un être humain. Il y a des gens du vin avec lesquels je n’ai aucune accointance (ils me le rendent bien), d’autres que j’estime, rien de plus normal.
- LA SPÉCIFICITÉ
C’est-à-dire l’authenticité de sa région, de son sol, de ses cépages… Et, croyez-moi, je goûte des vins -c’est selon- minables, inexcusables, insipides, “sans âme ni vertu”, dans toute la France, à tous les prix, à Margaux comme en Corbières, en Champagne comme à Pommard, à Saint-Émilion comme à Châteauneuf… That’s life !
Bref, revenons à la préparation de mon Guide. Il y a donc, chaque année, des “éliminés” et des “nouveaux”, et c’est bien naturel puisque c’est le jeu même des sélections et des coups de cœur (ou de gueule).
Allez, sympa comme je suis, je ne vais pas vous dire pourquoi vous ne retrouverez pas ceux-là dans le Guide 2010 :est-ce à cause du prix, de dégustations décevantes, de la typicité, du manque d’échantillons ou de je ne sais quoi d’autre ? A eux et à vous, de voir… Certains reviendront, d’autres n’ont aucune chance, et, celle liste n’étant ni exhaustive ni définitive (je regoûte et réfléchis pour certains) jusqu’à fin Juin, tout cela peut -aussi- encore évoluer. C’est donc un premier point, à ce jour, au 5 Mai.
Les ÉLIMINÉS DU PROCHAIN GUIDE (pêle-mêle, dans toute la gamme, on dépasse les 200… pour pratiquement autant de nouveaux) :
- A Bordeaux, Rauzan-Ségla, Roques-Mauriac, La Couspaude, Haut-Selve, Cantemerle, Haut-Bailly, Haut-Guillebot, Commanderie Queyret, Haut-Marbuzet, Fieuzal, Pichon-Baron, La Dauphine, Sainte-Marie, Caronne-Sainte-Gemme, Dutruch-Grand-Poujeaux, Balac, Haut-Brisey, Noaillac, Lidonne, Tour de Pez, Clos du Haut-Peyraguey, Phélan-Ségur, Cave de Lugon, Beychevelle, Gueyrot, Montaiguillon, Plassan, Saint-Valéry, d’Escot, Petits-Arnauds, Elixir de Gravaillac, Fonréaud, Donissan, Barbe, Navarro, Moulin de Sales…
- En Champagne, Ayala, De Méric, Jean Moutardier, Sanchez-le-Guédard, Jacquart, Rigolot, Charles Collin, Lancelot-Pienne, Dauby, Saint-Gall, Trouillard, Henri Abelé, Waris-Larmandier, Nicolas Feuillatte…
- Ailleurs, Fruitière de Voiteur, Tracot, Paire, Mas Blanc, Orenga de Gaffory…
Et quelques autres, mais il faut bien que je garde un effet “surprise”, non ?
P.S.Le prix des Grands Crus de Bordeaux Primeurs 2008 a baissé de 30 à 50 % : il n’y a rien de plus normal, ce n’est ni un “geste” de la part de certains propriétaires, et encore moins un acte de bonté : ils y étaient tout simplement obligés… Une petite pensée pour ceux qui ont largement surpayés les 2005 (le “pompom”, avec des prix incautionnables), les 2006 et 2007 ? Mieux vaut donc être fidèle aux propriétaires qui ont la sagesse d’avoir des prix raisonnables (il y en a pas mal, on vous donne même leurs noms !). C’est d’autant plus difficile à cautionner que les 99% des autres (très) bons Bordeaux sont à des prix très justifiés… ou, parfois, juste rémunérateurs pour les producteurs, s’ils sont trop liés au négoce.
On les aurait pas, il faudrait les inventer : voici, dans notre secteur Vins et Gastronomie, des dérives ubuesques qui ne devraient prêter qu’à rire si certains ne tentaient pas de leur donner du sens…
1/. La cuisine “moléculaire”
Sincèrement, je commence à être gêné de lire autant d’âneries sur cette fumisterie. On connaît l’art “people-pipeau” (Koons, Warhol, Combas…), on a maintenant des chefs “géniaux” qui nous abreuvent de mousses, d’additifs, d’émulsifiants, tous plus ou moins chimiques et, billes d’Agar-Agar sur le gâteau, le tout est proposé à des prix particulièrement honteux.
Allez, pour vous faire rêver, voici ce qu’on y ajoute : azote liquide bien sûr, lécithine, amidon de maïs (Xanthane…), Alginate de Sodium pour les billes de gélification (dont la dose journalière admissible n’est pas définie, rassurant, non ?), un peu de chlorure de calcium, de l’Agar pour toutes ces écœurantes gélatines, des Citras, Algin, Gluco, et j’en passe… Rien que du naturel.
- ensuite, une “Meringue à l’azote liquide” pour vous mettre en bouche (demandez une table proche des toilettes), ou ce “Ruban d’encre de Seiche et Réglisse” (2** au Michelin, le type qui fait ça !!!), sinon, optez pour une entrée du chef (trop) médiatique Marx à Pauillac le “Risotto de Soja“, par exemple), dont je vous livre sa présentation : ” Thierry Marx, chef iconoclaste, a composé une carte à son image : patchwork de cuisine moléculaire à l’avant-garde des textures et des saveurs, et de tradition réinventée. Adepte d’écumes, de fumets et de quintessence, le saucisson est «virtuel», le pavé de blonde d’Aquitaine est empaqueté de papier cristal et la tomate iceberg, juchée sur son cylindre de glace, tombe dans une eau tiède d’herbes potagères semée de pavots en fleur” (menus : 90 à 175 €, pas donné).
Bon (est-ce bien le mot ?), passons.
Commencez à préparer votre sac en papier et à le placer sur vos genoux, on ne sait jamais (le même que celui que l’on vous donne dans les avions), on atteint les choses sérieuses. Tiens, pourquoi pas des “Canellonis translucides aux fraises” (on vous le conseille même avec un Bourgueil, pas sympa pour le vin dirait Jean Carmet).
Vous en voulez encore : le géant, le plus grand, le plus mytho, le “plus grand resto du monde” (mais si, puisqu’on vous le dit : “D’après les critiques spécialisés (spécialisés en quoi ?), c’est la première fois dans l’histoire que quelqu’un a été designé le meilleur genie-chef cuisinier de l’histoire.”) : El Bulli pour découvrir un menu dégustation à 165 € (c’est dingue, ces types qui chipotent pour si peu : 165 €, c’est rien pour manger de l’air, allez, les pauvres, vous n’y connaissez rien).
Ah oui, pourquoi ne pas ajouter un “Shampoing d’ail“, des “Perles de thym” ou des dés cubiques aux légumes ? Et pourquoi pas : un “Chantilly de Foie gras” (je vous avais prévenu, pour le sac en papier),
Que des trucs de stars, par des stars, on vous le dit. Tiens, en voici un qui se présente lui-même comme «concepteur artistique d’événements culinaires». Pas moins. Et encore une belle recette : “la sphérification et les ravioles de betterave“. Rien de mieux qu’une vidéo pour se mettre en appétit.
Et pourquoi pas un stage : ““Les Bordelais en sont fous. On a aussi bien des laborantins dans l’âme que l’étudiant branché ou le retraité en quête de nouveautés.” Curieux de tout, le cuisinier de l’Atelier des Chefs à Bordeaux, Frédéric Schuller, a lancé les cours de cuisine moléculaire voilà sept mois. Vu son succès, la formule a été adoptée par l’ensemble des Ateliers en France. Ce vendredi 16 janvier, 25 rue Judaïque, le cours a fait le plein comme à son habitude. Au programme : l’Œuf au plat sucré version 2009, le Risotto de champignons et spaghettis de parmesan virtuel et un Tiramisu minute, caviar de chocolat et Amaretto. Deux heures durant, les arpètes jouent aux alchimistes ou au docteur tournesol, c’est selon. Avec seringues et tuyaux, les spérifications classiques ou inversées relèvent d’un jeu d’enfant.”
Pour aller avec cette formidable cuisine, on a les vins qu’il faut : noirs de chez noirs, puants le goudron, tout aussi écœurants, traficotés par les plus innovantes manipulations œnologiques, parfumés par des levures chimiques, enzymes, barriques de bois surchauffées, d’autres macérés dans des copeaux, mélangés à de la sciure, etc, etc. Du plus cher au truc à 2 €, de vrais “produits” de consommation qui n’ont, comme la cuisine moléculaire, de nom que le mot “vin”. Voir “Un vrai Bordeaux, sinon rien” (et, concernant certains vins du Languedoc, cet article) ou “Le vin, ce n’est pas une boisson…“.
Je suis sympa, je vous renvoie à quelques concurrents pour qu’ils vous donnent les coordonnés de ces producteurs si talentueux (je ne les ai pas, personnellement).
Autre tranche de rigolade. Je cite : “Le point de départ de ces recherches est le concept d’aliments de “liaison”, des aliments qui déterminent la réussite d’un accord, comme l’olive noire qui garantira que l’accord avec une syrah sera réussi, le gingembre qui fera passer à merveille les pinots gris ou la menthe qui invitera à tester un sauvignon blanc.”
Ah, une bonne tapenade avec un grand Bandol de Bronzo, idéal pour couler le vin, en effet. Et le gingembre, c’est pas super pour tuer le Pinot Gris (”à quoi ça sert que Schleret y se décarcasse”, comme dirait l’autre) ? Encore des bons, non ?
“Le monde de la viticulture en rêvait, la Tonnellerie Sylvain l’a fait ! Grâce à l’acquisition du Chêne de Morat, fleuron de la forêt de Tronçais, âgé de 340 ans et aux qualités incontestables, Jean-Luc Sylvain propose à ses clients d’élever de grands crus dans des barriques tricentenaires. La Tonnellerie Sylvain crée l’événement avec une collection exceptionnelle de 60 barriques ! Intitulée « Collection Morat 09 » by Tonnellerie Sylvain, ce joyau de la tonnellerie crée déjà un engouement sans précédent chez les propriétaires de grands vins qui pourront ainsi créer des cuvées spéciales en les élevant dans un écrin d’exception luxueux. Après son abattage en 2006, sa transformation en douelles, et un séchage de 36 mois dans le parc, le Chêne de Morat est prêt pour la création des barriques… Les pièces de cette collection unique seront destinées aux propriétés des régions vitivinicoles de la « Vieille Europe » et du « Nouveau Monde ». Une dizaine de barriques seront designées d’artistes, qui apposeront leur touche créative avant d’être mises aux enchères en juin prochain au Régent Grand Hôtel.”
On ne sait plus si on doit refréner un fou-rire ou en pleurer.
L’accord semble presque parfait :de l’azote dans votre assiette, de l’encre dans votre verre et du super-bois pour faire macérer des cuvées encore plus “spéciales”. Cela laisse rêveur…
P.S. Pour info : “Santi Santamaria, récompensé du prix littéraire Premio de Hoy en début de semaine pour son livre La cocina aldesnudo (La cuisine à nu), milite pour la cuisine méditerranéenne traditionnelle et redoute que les chefs “ne deviennent les bouffons du 21e siècle”. Malgré “un grand respect” pour Ferran Adrià, le chef de Can Fabes se demande s’il faut se sentir “fiers d’une cuisine, moléculaire ou techno-émotionnelle, avalisée par Ferra Adrià et ses adeptes, qui remplit ses plats de gélifiants et émulsifiants de laboratoire”. Pour le chef de Can Fabes, la consommation de metilcellulose, un gélifiant d’origine végétale, peut être “préjudiciable” pour la santé. Il rappelle ainsi que cette substance est “déconseillée pour les enfants de moins de 6 ans”. Il s’agirait, d’après lui, “d’un sujet de santé publique”. La metilcellulose, comme les émulsifiants et épaississants, permet aux chefs adeptes de la cuisine moléculaire de réaliser des gels, émulsions et autres originalités. Ces ingrédients, conçus pour la cuisine, sont en vente librement dans le commerce. Et c’est justement ce qui inquiète Santi Santamaria. “Les recettes qui circulent sur Internet et qui invitent les cuisiniers à prendre des risques me font peur” dit-il, avant d’ajouter que “les clients des restaurants devraient connaître la composition exacte des plats qu’on leur sert”. Voir la suite…
Il y a des centaines de vins fantastiques comme ceux-là, que j’aime et qui procurent ces moments rares où l’on “écoute” le vin.
B. D. : Quels sont les millésimes à déboucher en 2009 ?
P. D.-G. : La question n’est pas simple, tant les variantes qualitatives peuvent changer selon les régions, voire les appellations.
Il y a d’abord deux choses à distinguer :
- La qualité intrinsèque du millésime, c’est-dire de la vendange.
Attention : noter un Grand Cru de Bordeaux 2008 trois mois après les vendanges, c’est faire une injure au vin, et ce n’est que de l’esbroufe. D’un côté, il y a le producteur, qui présente un vin non fini (je passe sur la cuvée spéciale “Parker”, différente de celle pour “Dussert”, celle qui devrait plaire au japonais, celle qui séduira l’esquimau…) dont le but est de rafler des éloges, des “étoiles”, des notes de “95 sur 100” ou “17 sur 20”. En face, il y a des “critiques” (qui ne critiquent pas grand chose) se pâmant devant l’échantillon d’un vin qui ne ressemblera jamais à ce qu’ils sont en train de “juger”, qui n’existera jamais !”
Qui peut oser prétendre savoir ce que donnera un vrai grand cru au moment où il vient juste d’être “abruti” par le début de son élevage en barriques ?
C’est une mascarade, à laquelle certains critiques qui s’y prêtent feraient mieux d’apprendre l’humilité au lieu de donner des conseils. On nous explique très sérieusement qu’il faudra boire le vin en 2018 ou en 2023. Certains propriétaires feraient bien également de voir à long terme, revenant à plus de réserve, en freinant ces dégustations trop précoces, qui les desservent plus qu’autre chose.
Mon métier, ma passion, c’est d’informer les consommateurs, de leur faire apprécier l’originalité de chaque appellation, de leur donner les clés qui permettent tout cela, et, en parallèle, c’est aussi d’aider les vignerons qui le méritent à s’imposer, à se faire connaître, etc… Ce n’est pas de faire le singe dans une réunion de “primeurs”, de copiner avec un marchand ou d’être le premier à sortir une note sur tel ou tel vin.
- La valeur du millésime en dégustation actuelle, l’évolution du vin. Dès 1985, j’ai créé la fameuse Vintage Code, qui présente la seule façon d’apprécier les vins. Je ne peux que vous inciter à la suivre (elle est gratuite, il suffit de la demander). Aujourd’hui, on peut estimer qu’il n’y a plus de mauvais millésimes, tant le talent de nos vignerons est réel. Chaque année est bien entendu différente, mais, la Nature étant bien faite, cela permet d’avoir toujours un millésime qui se goûte bien, ce qui était impensable dans les années 1970.
Encore et toujours, on revient au plaisir du vin : on est tout aussi content aujourd’hui en débouchant un Saint-Émilion, millésimes 2001 ou 1989, qu’on le sera, dans quelques années, quand le 2000 ou le 2006 seront à maturité. Il en est de même dans toutes les régions, toutes les appellations.
C’est là tout le paradoxe : c’est dans cette difficulté que réside la simplicité du vin : c’est un produit vivant, entier, complexe, où de multiples critères d’appréciation se conjuguent. C’est ce qui en fait le mystère, ce patrimoine incroyable où la multitude des terroirs vont lui forger une âme, épaulée par la main de l’homme. Bref, on l’aura compris, la différence entre un vin typé et un vin-boisson, c’est un tout.”
Ecrit il y a 2 months, 2 weeks à 20:15. 1 commentaire
Brigitte Dussert : Région par région, que s’est-il passé en trente ans ? Prenons l’Alsace.
Patrick Dussert-Gerber: : Ce qui a changé globalement dans cette belle région, c’est que l’on goûte pas mal de vins à la sucrosité trop importante au détriment de la minéralité et de la fraîcheur. Je regrette un Riesling vif, franc, à déguster sur des huîtres, j’aime moins quand il est plus gras, par exemple en 2004 et 2002, qui sont, pourtant des millésimes classiques, cela n’est pas normal. Heureusement, il y a des propriétaires qui s’appliquent à faire ressortir la typicité de leur terroir. Il ne faudrait pas qu’on assiste à un “lissage” de ces grandes appellations ou accentuer la mode des vins trop mûrs qui dépersonnaliseraient la spécificité des cépages et des sols. D’autant que la multiplication des noms de crus, clos, lieux-dits… ne simplifient pas la lecture de l’étiquette.
B. D. : En Beaujolais ?
P. D.-G.: C’est un vignoble où il n’y a pas eu de bouleversement flagrant, même si les vignerons connaissent une crise tenace avec des vins qui ne sont pas assez rémunérateurs. Seuls les Crus résistent bien. Le Beaujolais Nouveau est une belle réussite mais on observe une certaine lassitude, il faudrait relancer la communication. C’était une idée géniale, dont j’ai suivi l’évolution année après année. Au début, tout le monde se moquait d’eux, mais le négoce a su lancer la mode d’un vin qui se vendait en 24 heures donc très intéressant financièrement, doté d’une forte image de marque de vin très chaleureux, très convivial, attendu à date fixe, c’est formidable ! Chaque année, c’est la fête du Beaujolais Primeur et les fidèles de l’évènement vont s’encanailler dans les bistrots à vin du monde entier, c’est très sympa, je suis le premier à y aller ! Un Beaujolais Primeur, c’est un vin qui ne se prend pas au sérieux, friand, franc, gai, simple, qui a toujours un bel avenir devant lui car on aime déboucher de temps en temps un vin léger.
Bien sûr, je ne vous cache pas que je préfère me faire plaisir avec un Morgon ou un Saint-Amour, tant ces crus du Beaujolais méritent d’être appréciés comme il le faut. J’ai toujours soutenu les vignerons de la région, au moment où ils subissaient quelques scandales ou la jalousie des autres vignobles, qui n’ont, il faut bien le reconnaître, pourtant jamais réussi à faire de leurs vins primeurs des concurrents sérieux (Touraine, Gaillac…).
La fidélité, c’est important. Il faut du temps pour juger un vin, comprendre le vigneron, l’influence des micro-climats, les us et coutumes de chaque région.
B. D. : En Vallée du Rhône ?
P. D.-G. : Le vignoble est très étendu, il faut donc être précis. Les Côtes-du-Rhône, par exemple, ont fait de gros efforts, on ne trouve plus de mauvais vin (tout comme pour le Bordeaux de base d’ailleurs). Pour l’image de marque, c’est plus délicat, ils ont du mal à s’imposer, ils font de telles quantités… L’appellation-phare, Châteauneuf-du-Pape, a su raison garder, en conservant l’un des plus beaux rapports qualité-prix-typicité de France. Ce qui a surtout changé en Vallée du Rhône, ce sont les “petites” appellations qui font maintenant des vins exceptionnels entre 7 et 15 €, à Rasteau, à Visan ou à Gigondas où l’on goûte des vins beaucoup plus intéressants qu’à mes débuts. Avant, tout passait en vrac et ce n’était pas la même mentalité.
Maintenant, les caves coopératives (pas toutes) sont très motivées par la qualité et, souvent même, donnent l’exemple ! Ces caves sont très bien équipées, capables de jouer dans la cour des grands. Elles ont eu un vrai défi à relever, et elles l’ont relevé, sans pour autant dépersonnaliser leurs vins, sous prétexte d’un marché mondial, bien au contraire.
Je pense aussi, que le développement de cette région, en grands vins comme en plus modestes, s’est renforcé du fait que Bordeaux a délaissé un peu le marché français, avec ses vins de marques. Pas certain que le choix ait été si judicieux.
Je voudrais attirer l’attention sur des abus de prix : je pense à certains petits vignobles, par exemple Hermitage ou Condrieu, qui se vendent à l’étranger et délaissent le marché français, aucun restaurateur lambda ne pouvant les acheter à un prix cohérent, c’est regrettable. Quant à la justification du prix de ces appellations, je suis très dubitatif…
B. D. : Cela a été le cas en Bourgogne, quand les bourguignons, il y a une vingtaine d’années s’étaient tournés exclusivement à l’export…
P. D.-G.: C’est vrai. On ne trouvait plus un bon Puligny-Montrachet ou un Meursault en France, il n’y en avait que pour les américains. Le bon sens “paysan” a repris le dessus et a permis de faire comprendre aux vignerons qu’il fallait faire très attention, et revenir en France, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Suisse…
À ma connaissance, c’est le seul vignoble qui a réussi ce tour de force ! Ils vendaient parfois jusqu’à 95% à l’export et sont revenus sur le marché français en rééquilibrant la distribution. À Chablis, c’était le même cas de figure, mais ils ont aussi compris que, si le japonais d’Osaka en visite à Paris ne trouvait pas la bouteille sur la table du restaurant, il se poserait peut-être des questions…
J’ai un faible pour les Bourguignons. J’aime leur mentalité. Les vignes bourguignonnes sont les plus chères du monde mais les viticulteurs conservent la volonté de transmission à leurs enfants. Ce n’est pas si courant.
Pour les vins, ce qui me plaît en Côte de Nuits ou en Côte de Beaune, c’est justement l’élégance, la finesse. Pour le vin rouge notamment, il ne faut pas confondre couleur et concentration. Ce n’est pas parce qu’un vin est “noir” ou ultra concentré qu’il va être meilleur ou mieux vieillir. Il faut “tordre le cou” à cette idée reçue qui a d’ailleurs été le grand défaut de ces 20 dernières années. On a voulu faire des vins qui n’existaient pas avant prétextant qu’on allait faire mieux !!! Je goûte depuis toujours des vins de Corton, Pommard, Vosne-Romanée ou Gevrey qui n’ont pas une couleur très sombre et qui ont un potentiel de vieillissement de 20 à 30 ans, avec des arômes extraordinaires. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le millésime 2005 en Bourgogne n’est pas un millésime qui me passionne beaucoup, je le trouve trop fort, concentré, trop “chaud”.
Globalement, toute la qualité de la production en Bourgogne a beaucoup augmenté. Dans mes premiers guides, il ne devait y avoir qu’une cinquantaine de vignerons. En quelques années, de toutes petites structures familiales se sont mises à “faire de la bouteille”, avant, tout passait par le négoce comme c’était le cas aussi en Champagne. Le fait que chacun embouteille sa production a précipité le déclin du négoce, il existe aujourd’hui très peu de maisons familiales. Autrefois si bien établi, le négoce a souffert, d’une part, parce qu’il ne possédait pas de vignes propres, et qu’étant tributaire des approvisionnements, on ne lui donnait pas toujours les meilleures cuves… D’autre part, certains négociants -ce n’est pas spécifique à la Bourgogne- avaient une fâcheuse tendance à adopter une suffisance qui n’était pas de mise.
J’ai toujours soutenu les vignerons qui vendaient leur vin en bouteilles, les encourageant à s’acheter petit à petit une cuve, des barriques, à s’appliquer à produire un vrai vin typé, et à faire des salons pour le vendre.
B. D. : Vous aimez aussi beaucoup le Champagne et la Champagne…
P. D.-G. : La Champagne est le vignoble qui a le plus “explosé” avec la prolifération de propriétaires qui se sont décidés à mettre en bouteilles leur propre production, et je leur donne bien raison.
Auparavant, ils vendaient aux négociants et il n’y avait que 20 à 30 grandes marques de Champagne. C’est plus rémunérateur pour eux et plus valorisant de mettre leur nom sur l’étiquette, plus motivant pour leurs enfants de se battre pour défendre et promouvoir leur entreprise. C’est à mon avis ce qui a sauvé la Champagne et la Bourgogne, cette jeunesse motivée, dynamique, entreprenante, diplômée, qui s’est investie dans le vignoble familial.
Tout comme les Alsaciens et les Bourguignons, les Champenois sont des commerçants avertis, ils vont chercher le consommateur, l’importateur, ne se contentant pas de donner leur production à un négociant et de partir en week-end !
C’est la clé de leur époustouflante réussite.On boit plus de Champagne parce que la qualité est devenue remarquable et abordable, voilà tout !
Beaucoup d’efforts ont été réalisés, les prix sont restés très sages et le consommateur, tout naturellement, a suivi. On trouve d’excellentes bouteilles entre 12 et 15 €. Il ne faut pas les comparer bien sûrs aux très grandes Cuvées faites avec des vins de réserve exceptionnels et qui valent de fait leur prix (50 € et plus), comparons ce qui est comparable.
En tout cas, c’est ce qui a décidé les consommateurs à en acheter plus, et plus souvent. Ce n’est pas uniquement le mode de consommation qui a évolué, les consommateurs ont réalisé qu’ils se font plus plaisir avec un bon Champagne qu’avec un mauvais Porto ou un Whisky fait on ne sait où ?
Mais, si la force des champenois est d’avoir ainsi maîtrisé leurs prix, c’est sans doute la région au monde où cet effort est le plus visible. Et puis, les Champenois sont remarquablement organisés, solidaires.
B. D. : C’est pourtant un vignoble qui est en train de s’étendre beaucoup : il va donc falloir scinder les différents types de cuvées que l’on va retrouver sur le marché prochainement.
P. D.-G. : Il faudra différencier encore plus les terroirs, comme on le fait pour les vins.
L’extension quantitative du vignoble peut, paradoxalement, permettre une véritable nouvelle perception du Champagne, qui devient un vin de terroir, et non plus uniquement d’assemblage. Il va falloir considérer le Champagne comme un vin à part entière, c’est ce que je fais depuis toujours, mais ce discours n’est pas toujours bien compris de tous.
Il faudra observer le nom du village, parcelle par parcelle, la volonté du vigneron de rechercher l’expression de la minéralité de son sol. Les terroirs exceptionnels (Grand Cru et Premier Cru) vont prouver que le Champagne est un grand vin. Je me bats depuis longtemps pour le faire accepter.
B. D. : Quelle est votre relation avec le vignoble bordelais ?
P. D.-G. : Je vis à Bordeaux. N’étant pas masochiste, il faut donc que j’aime la région, et ses vins. C’est la région viticole où il y a eu le plus de changements en 30 ans. Cela a commencé avec la visite des chais en marbre dans le Médoc puis, la mode des barriques, des œnologues, des vins “lissés”… Il y a 20 ans, on ne nous parlait jamais des vignes, uniquement des vinifications ! Ce phénomène s’est déplacé depuis une petite dizaine d’années à Saint-Émilion, où l’on s’est mis à concentrer à outrance, en devenant champion de toutes les manipulations techniques possibles. Je n’arrive pas à comprendre cela.
B. D. : Ne pensez-vous pas que le but était aussi de plaire au goût des consommateurs étrangers ?
P. D.-G.: Si c’est le cas, quelle bêtise ! On ne doit pas dénaturer son vin pour séduire un éventuel consommateur chinois… Cette médiatisation exagérée des vins noirs et très concentrés du Libournais, ce n’est pas la vraie typicité des vins bordelais qui sont pour les rouges, soyons clair, toujours les plus grands vins du monde. C’est l’élégance qui fait rêver, ce ne sont pas les tanins du bois accrochés à la langue !!!
Dans le Médoc, certains ont fait l’erreur, il y a une vingtaine d’années, de vouloir se conformer à la mode, résultat : on ne parle plus vraiment des vins du Médoc, à part quelques grandes figures incontournables. J’étais très content d’aller déguster dans les châteaux il y a 25 ans, c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui. D’ailleurs, on ne boit plus ces vins en France, à cause des prix exagérés certes mais aussi parce que l’on s’est lassé de ces crus, tout bonnement. Est-ce vraiment une réussite d’avoir disparu de son pays, de ne plus faire référence dans les grandes dégustations d’amateurs ?
Qui est capable aujourd’hui de me citer le nom de 20 châteaux classés en 1855 (bravo pour l’actualité) en 3e ou 4e crus ? Où sont-ils ces vins ?
B. D. : Les Graves de Pessac-Léognan ont-ils beaucoup évolué ?
P. D.-G. : C’est certain, c’est le vignoble qui a le plus progressé, par étapes. Auparavant, il n’y avait, en effet, que quelques crus dont on parlait : Chevalier, la Mission… Beaucoup de propriétaires-investisseurs à Pessac-Léognan ont eu l’intelligence d’associer la modernité (des vins plus ronds, etc) à la tradition, en laissant toute la spécificité de leurs terroirs s’exprimer. Ils ont aussi une gamme de prix cohérente qui correspond au marché, par rapport aux autres vins de France, et aux vins étrangers.
Et puis, ce n’est pas si facile de réussir à la fois du blanc et du rouge, et les propriétaires que nous soutenons ont aussi le mérite de réussir cela. Les vins blancs de Pessac sont tout à fait remarquables et rentrent dans la “cour” des grands vins blancs du monde et les rouges sont parvenus à un haut niveau qualitatif et cela dans toute la gamme. Évidemment, d’autres ont exagéré, accumulant les “prouesses” œnologiques, faisant des vins insipides, marqués par des senteurs tropicales (sic), et trop chers.
B. D. : Est-ce que cette réussite a aidé les Graves du Sud ?
P. D.-G. : Je me souviens des querelles d’hommes lors de cette séparation des Pessac-Léognan avec les Graves du sud. Pourtant, il fallait bien que les Graves de Pessac-Léognan se distinguent de ceux de Langon, les terroirs étant fort disparates. En parallèle, l’appellation de Graves a également explosé qualitativement, dans les blancs comme les rouges et cela dans une gamme de prix très large : c’est dans cette région qu’il y a eu le plus grand bouleversement qualitatif ces vingt dernières années. On fait des vins superbes à Landiras, à Podensac, à Portets ou à Beautiran, et je n’ai pas hésité longtemps à les faire accéder au sommet dans mon Classement, tant leur rapport qualité-prix-typicité est réussi. On reconnaît facilement “à l’aveugle” un vin de Graves, ce qui prouve bien qu’il y a une identité.
B. D. : Les Bordeaux Supérieurs ont-ils vraiment fait des efforts, eux aussi ?
P. D.-G. : J’ai écrit le Guide des Bordeaux Supérieur en 1990 : je connais donc l’appellation, j’ai beaucoup d’amis qui travaillent ici comme s’ils produisaient des crus classés ailleurs, déployant les mêmes efforts. Ils ont profité que le Médoc “de base” délaisse la typicité pour s’engouffrer dans de nouveaux marchés. D’un point de vue de marketing “pur”, Bordeaux Supérieur, ce n’est pas un nom génial, il faut l’avouer… La réussite est d’autant plus méritoire. Ici comme partout, les différences de style sont notables, le territoire étant tellement étendu, il faut faire des distinctions entre les vins produits à Pellegrue ou à Saint-André-de-Cubzac, ceux qui viennent de Génissac, de Saint-Martin-du-Puy, d’Arveyres ou de Tresses.
B. D. : Du côté de Saint-Émilion, qu’avez-vous observé ?
P. D.-G. : J’ai toujours eu une attirance pour les “satellites” de Saint-Émilion, des vins à des rapports qualité-prix sensationnels. Les propriétaires savent maîtriser leurs vignes, leurs prix, ont sorti des cuvées plus complexes. Montagne Saint-Émilion était une appellation où, déjà il y a 30 ans, je dégustais des vins bien meilleurs que certains Saint-Émilion. Quand on voit les vignes en coteaux de Montagne ou Saint-Georges, on comprend vite pourquoi.
À Saint-Émilion, hélas, on assiste toujours à des querelles de clocher où l’on a l’impression que se règlent les comptes au travers des bons points reçus ça et là par les uns et les autres. Il y a une carte exceptionnelle, précise, détaillée, évidente, de Van Leuween, qui a fait l’inventaire des meilleurs terroirs, et le prouve…
Là encore, la typicité a le dernier mot. Pas de grands vins sans terroir, pas de réel prestige si l’on mise sur l’arrogance.
B. D. : Et les Côtes de Bordeaux ?
P. D.-G. : L’actualité des Côtes de Bordeaux me laisse également assez perplexe : on assiste à un regroupement des Premières Côtes, de celles de Blaye et de Castillon (les Côtes de Bourg ayant refusé d’y appartenir). Quand on veut mettre son identité en avant, montrer son originalité, regrouper ces appellations sous un nom générique, prétextant que c’est plus simple à mémoriser, me paraît aberrant. Si les Côtes veulent un avenir, c’est bien en défendant leur spécificité propre, non ? On est, pourtant, en train de faire la démarche inverse…
B. D. : Les vins du Sauternais sont-ils les mêmes ?
P. D.-G. : Oui, ils restent très difficiles à produire, ce sont des vins tout à fait exceptionnels, très tributaires de la nature. Ce ne sont pas des vins que l’on peut “rattraper” dans le cuvier. À Sauternes comme pour les Quarts-de-Chaume, à Loupiac ou à Jurançon, la surmaturité naturelle des raisins est indispensable, je parle de celle apportée par le Botrytis Cinerea, et pas du passerillage.
B. D. : Non loin, les vins du Sud-Ouest ?
P. D.-G.: On peut rapprocher la démarche des vignerons du Sud-Ouest à celle des producteurs du Val de Loire. On produit un style de vin traditionnel sans effet de mode. Les vins sont plaisants, charpentés, charnus, ils ont une âme et c’est très bien ainsi.
La région est bien évidemment étendue et regroupe de nombreuses appellations qui ne se ressemblent pas. Bergerac est tout bonnement un vignoble dont on n’entend pas parler, on a l’impression qu’il a disparu, à part quelques campagnes de pubs sur des abribus ou dans des foires aux vins. Gaillac est un vignoble intéressant, et il faut aborder ses vins comme des vins de plaisir, dans toutes les couleurs, quand, à Cahors, on apprécie plus des vins de “chair”, denses et parfumés, qui ont un réel potentiel de garde.
Pourtant, ce que je constate, pour l’ensemble de ces vignobles, c’est un immobilisme aberrant des Syndicats : on a vraiment l’impression que rien ne se passe dans leur coin, qu’il manque la volonté de montrer sa fierté, son authenticité. Un jour, on bouge, on a des idées, le lendemain, on repart faire la sieste… C’est dommage.
B. D. : Poursuivons notre route vers le Languedoc…
P. D.-G.: C’est la région qui m’a fait le plus sourire, je me souviens que mes “confrères” titraient “l’Eldorado”, la “Californie de l’an 2000”.
Le seul homme qui soit un vrai précurseur ici, c’est Aimé Guibert, à Daumas-Gassac qui a fait une vraie recherche de cépages adaptés à ses sols, c’est le seul capable de créer cela. Je l’ai connu en 1982, lorsqu’il a sorti son premier millésime, j’en parlais avec lui, avec Émile Peynaud, qui l’avait conseillé… Il a su produire un vin typé, racé, extraordinaire. Il a beaucoup été copié mais jamais égalé. J’ai vu toutes les fantaisies, des vinifications extrêmes pour compenser un terroir qui manquait ou des cépages plantés, inadaptés au sol.
Pourtant, il y a des territoires remarquables en Languedoc, des vins que j’adore, des vins de Pays, des Corbières ou des Minervois. On leur demande d’être vendus à leur juste prix, ils ne rivaliseront jamais avec un Pomerol ou un Margaux. Et puis, qu’est-ce que cela peut bien faire ? Ce vent de folie se calme un peu aujourd’hui, car certains investisseurs ont du mal à rentabiliser et abandonnent, alors que des critiques ou sommeliers un tantinet trop enthousiastes sur les vins “fabriqués” du coin commencent également à se calmer, faute de passer pour des idiots…
La morale de tout cela, c’est qu’il faut que chacun reste à sa place, le terroir d’un Vosne Romanée est reconnu, hiérarchisé, incontestable, depuis des siècles, on ne peut pas imiter cela si facilement. Et c’est tant mieux.
B. D. : Nous arrivons en Provence…
P. D.-G.: La Provence a changé, car beaucoup d’investisseurs sont arrivés, attirés par les paysages et le climat. Je me souviens du temps où les vignerons ont réussi à prouver (et c’était difficile) que l’on ne produisait pas uniquement des rosés mais d’excellents rouges et blancs sur leurs terroirs. Maintenant, c’est un paradoxe, on est en train, à nouveau, de produire d’importantes quantités de rosé, pour répondre à une demande croissante, je trouve cela un peu décevant qu’ils délaissent leur potentiel, ainsi, tant on peut se faire plaisir, en Côtes de Provence et en Coteaux d’Aix, avec des vins rouges ou blancs superbes, issus d’un vrai terroir, et de cépages racés comme le Rolle, l’Ugni blanc, le Grenache ou la Syrah.
Par contre, à Bandol, on continue, comme il y a 20 ans, d’élever de très grands vins, et dans les trois couleurs, ce qui mérite vraiment un coup de chapeau.
B. D. : Et la Loire, ce vignoble où vous avez des attaches particulières ?
P. D.-G. : J’ai débuté mon métier dans le Muscadet, il y a trente ans, je connais bien cette région, j’aime les vins que l’on y produit, de Nantes à Sancerre.
Ces vignobles ont bien évolué en continuant à produire d’excellents vins sans trop modifier leur ligne de conduite. Cela prouve que l’on peut se développer sans se laisser influencer par des conseils extérieurs qui tendent à vouloir tout bouleverser.
Je trouve qu’un Saumur-Champigny ou un Chinon a le même goût qu’avant, les vins sont mieux faits, c’est une évidence, mais, ce sont les mêmes vins que dans les années 1980. C’est d’abord le signe d’une fidélité des hommes à leur spécificité. Et puis, les propriétaires de la région sont en contacts fréquents et directs avec les consommateurs qui circulent sur leurs routes très touristiques, et l’on n’est pas loin non plus de la capitale.
Il faut dire que l’on trouve des vins à un rapport qualité-prix formidable : un Saumur-Champigny à 10 € ou un Sancerre à 12 € avec des typicités exceptionnelles issus de terroirs uniques.
Qui n’a pas goûté l’expression du Sauvignon à Sancerre ou à Pouilly ne connaît rien au potentiel réel de ce cépage, qui ferait pâlir d’envie un bon nombre de producteurs d’autres régions et pays, où manque ce que l’on trouve ici : la minéralité !
En Anjou ou en Touraine, il en est de même pour le Cabernet franc ou le Chenin, des cépages magnifiques ici, qui s’expriment comme nulle part ailleurs, dans ces territoires de Parnay, du Puy-Notre-Dame, de Montlouis, de Ligré, de Saint-Nicolas-de-Bourgueil ou de Vouvray…
Pour Patrick Dussert-Gerber, depuis 30 ans, la typicité d’un vin, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un micro-climat, d’une plante et d’un homme. Sa nature le poussant à soutenir les hommes et les femmes qui partagent les mêmes valeurs, il est, aujourd’hui comme hier, passionné par ce “Sang de la Terre et du Ciel”, cette entité à part entière qui associe l’inné et l’acquit, le talent et la passion, l’homme et la science, le matériel et l’irrationnel, le plaisir et la mesure (si l’on a soif, on boit autre chose)… s’attachant à respecter à la fois une culture et une éthique. Il ne s’agit donc pas seulement de faire du bon vin, ce que tout le monde peut faire, mais surtout d’élever de vrais vins racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon, déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux. Ces vins-là, “chouchoutés” par des vignerons avec lesquels on aime partager un moment de plaisir, dans une gamme de prix unique au monde, sont de vraies valeurs sûres, certains crus l’étant déjà il y a bien longtemps, en 1980…
Brigitte Dussert : Trente ans, c’est un record pour Millésimes et le Guide des Vins, si on repense à vos débuts ?
Patrick Dussert-Gerber : Millésimes fête ses trente ans, c’est donc une satisfaction personnelle.
J’ai connu “les débuts du vin”. Bien peu de vignerons vendaient leur vin en bouteilles, il n’y avait pas de salon, de guide des vins (le mien a été le premier, en 1980), il existait des livres sur le vin mais pas avec un reporter qui partait sur le terrain, et pratiquement pas de presse spécialisée du vin (il n’en reste pas beaucoup plus aujourd’hui).
On a donc été novateur, depuis le début, en montrant les hommes et les femmes qui produisaient le vin, en publiant beaucoup de portraits, en multipliant les interviews, car le consommateur a besoin de mettre un visage sur un nom, de personnaliser une étiquette, une marque, un cru. On ne peut expliquer un vin qu’en comprenant celui qui le fait. C’est très important.
Derrière une étiquette, il y a un viticulteur (ou une viticultrice) et c’est fondamental de ne pas les dissocier.
Je sais tout-de-suite, lors de mes déplacements à travers tous les vignobles (et je passe l’année à faire cela) si un propriétaire est réellement passionné par son vin, ou non. Cela se “sent”. On n’a pas besoin de me vanter la qualité de ses cuves ou la beauté de sa plaquette de présentation.
C’est la raison pour laquelle l’accueil à la propriété est fondamental et que les salons des vins fonctionnent bien, on peut acheter mais surtout, rencontrer celui qui l’a élevé. Nous l’avions déjà parfaitement assimilé quand nous avions lancé nos Boutiques de l’Amour du Vin, dès 1986, où les dégustations étaient au centre de nos actions. Depuis, les grandes surfaces ont suivi, les cavistes également…
Aujourd’hui, c’est la même chose, il faut être précurseur. La presse “papier” de luxe reste encore une valeur sûre, sauf la presse d’information pure et simple qui ne pourra concurrencer l’interactivité du Net. Peu de personnes estiment la force d’Internet comme elle devrait l’être. C’est la plus grande révolution de communication que l’on n’ait jamais connue, ni envisagée. Demain, on sera bien loin de se contenter d’une simple adresse mail et d’un petit site de présentation. On le sait, et on a prévu.
B.D. : Qu’avez-vous remarqué dans l’évolution de la profession ?
P.D.-G.: Il y a trente ans, nous étions encore dans le domaine de l’agriculture proprement dite, maintenant la profession a évolué, s’est intellectualisée. Un propriétaire ne doit plus savoir uniquement conduire ses vinifications correctement, il doit aussi vendre son vin à l’étranger, parler anglais, faire des relations publiques, sa gestion, suivre les lois qui évoluent… Le métier du vin est devenu très valorisant, c’est d’ailleurs pourquoi les jeunes rejoignent les propriétés de leurs parents ou que beaucoup de gens extérieurs ont acheté des vignobles, hormis l’attrait des exonérations sur la fortune. Cela prouve bien que le monde du vin attire, qu’il est mythique, toujours irremplaçable et, depuis trente ans que j’y évolue, il me passionne toujours autant. C’est beau, d’être un paysan.
Il ne faut pas avoir la mémoire courte pour autant, et oublier ce que nous avons fait : en 1980, à part moi, qui se souciait du producteur des Côtes de Bourg ou de celui de Rasteau ?
Qui passait des notes de frais à son éditeur pour ses déplacements au fin fond de l’Alsace ou de la Provence ?
Qui prenait le risque de soutenir un vigneron du Languedoc comme Aimé Guibert ou de défendre “bec et ongles” les “petits” producteurs champenois ou bordelais ?
Qui osait dire qu’un simple Cru Bourgeois médocain pouvait être nettement meilleur qu’un “Grand Cru Classé” de l’obsolète hiérarchie de 1855 ?
À l’inverse, qui a soutenu plus que jamais tel ou tel Grand Cru réputé Bordelais comme il le méritait, à une époque où la mode risquait de l’entraîner vers une course à la barrique ?
Je l’ai fait, écrit, démontré. Ensuite, c’était la porte ouverte pour être copié : à la place de mes Classements, qui avaient le mérite d’être les premiers, il fallait bien trouver autre chose sous peine de passer pour des “pillards” : alors, certains ont donné des “notes”, des 90 sur 100, des 13 sur 20, etc… C’était parti.
B.D. : Qu’avez-vous remarqué dans l’évolution des vins de France et du monde ?
P.D.-G. : C’est la même. Au travers de nos réalisations, j’ai donc suivi, en parallèle, l’évolution du vin dans notre pays, puis dans le monde.
Il ne me semble pas utile de revenir sur l’évolution qualitative de nos vins. Elle est évidente, nécessaire et primordiale. Tous les progrès, de la vigne au chai, ont permis de maîtriser de mieux en mieux les aléas de chaque millésime. Là encore, le savoir-faire français est unique, tant il est diversifié.
Quel autre pays peut-il se targuer de maîtriser, de savoir aussi bien suivre la maturité du Cabernet franc, à Bordeaux ou dans la Loire, que celle du Grenache dans le Rhône, du Sémillon à Sauternes, du Merlot à Pomerol, ou du Pinot meunier champenois ?
Soyons donc sérieux : les meilleurs vins typés de nos régions proviennent toujours des mêmes terroirs, les territoires ne sont pas extensibles, et rares sont les “nouveaux” vignobles qui peuvent lutter.
On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des billets de banque- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.
On peut retenir trois points, fondamentaux :
1/.L’explosion de l’offre a suivi celle de la demande de diversité de la part des consommateurs.Nous sommes passés de quelques dizaines de marques et châteaux à plusieurs milliers, dans toute les régions, et tout spécialement en Champagne. Chacun a relevé le challenge “d’exister”, de signer son propre vin, ne se contentant plus d’être la “vache à lait” du négoce ou des coopératives. Cela a produit une augmentation considérable des références, apportant aux consommateurs un choix exceptionnel.
Toutes proportions gardées, c’est le même que nous avons avec la multiplicité des chaines de télévision ou des téléphones portables. Plus on a le choix, plus on devient connaisseur, plus on est “pointu”. Un bon nombre de négociants bordelais, bourguignons, champenois… ne s’en sont pas remis.
2/. Les producteurs de notre pays sont, bien plus aujourd’hui qu’hier, les références mondiales.Au piquet tous les charlatans qui nous prédisaient que plus personne ne boirait nos vins, que nous allions disparaître sous les vannes des cubitainers australiens ou argentins, etc, etc. N’en déplaise aux pessimistes de base, la France et ses vignerons sont les fers de lance de toute la viticulture mondiale. C’était vrai il y a trois siècles et c’est toujours vrai.
Vous voulez créer un vignoble au fin fond de l’Australie, qu’allez-vous planter ? Du Sangociese italien, de l’Azal portugais, du Graciano espagnol ? Eh bien non : comme par hasard, vous choisirez du Cabernet-Sauvignon bordelais ou du Chardonnay bourguignon ! C’est dire la force de nos vins, notre notoriété, notre “leadership”.
Les Australiens ou d’autres auraient dû planter des cépages qui correspondaient à leurs sols, et ne pas “piquer” les nôtres.
On a planté du Cabernet-Sauvignon ou du Pinot noir “standards” en Californie ou en Nouvelle-Zélande, prétextant qu’à Bordeaux ou en Bourgogne cela faisait de grands vins. Ce n’est pas si facile.
Il en est donc de même pour certaines appellations en France où l’on a mis de la vigne à la place du maïs, par exemple…
On fait la même chose en Languedoc ou dans d’autres régions de vins de pays, au détriment de cépages locaux beaucoup plus adaptés aux terres et à la climatologie.
3/. On ne peut plus se moquer des consommateurs. On l’a suffisamment fait en lui vantant le bien-fondé de “maquiller” des vins, de les surconcentrer, de leur vendre à des prix inadmissibles des bouteilles dont le contenu s’étiole en cinq ans…
Quelques Bordelais ont leur part de responsabilité : trop d’attaches avec des “critiques” étrangers, trop d’esbroufe auprès de “journaleux” tout contents de voir la fille du proprio ou se pamant devant un dossier de presse dythirambique, trop de volonté de “gagner toujours plus”, trop de “loups dans la bergerie” (on voit ce que Vinexpo est devenu).
C’est donc une véritable scission qui s’est effectuée entre les propriétaires traditionnels, passionnés du vin (ceux que l’on met en avant dans Millésimes) et ceux qui n’y voient qu’un produit commercial.
J’apprécie la qualité du vin, du plus modeste au plus cher, celui à 5 € tout comme celui à 150 €. Je m’attache surtout à ceux qui cherchent à laisser s’exprimer leur terroir. Un Pouilly-Fumé ne ressemble pas à un Pessac-Léognan même si il y a du Sauvignon dans les deux, cela n’a rien à voir. Le jour où, dans une dégustation “à l’aveugle”, on ne saura plus les différencier, on aura perdu.
La mondialisation du vin a fait du tort, apportant une tendance à une aseptisation. Sans terroir, sans homme, le vin n’a aucun intérêt, il n’a pas d’âme.”
B.D. : Nos vignobles ont-ils tous évolué de la même façon ?
P. D.-G. : Bien sûr que non. Tout dépend de la personnalité des hommes et des femmes du vin.
Je pense à l’Alsace, à la Loire ou à la Bourgogne, où les viticulteurs ont plus une mentalité, au sens noble, de “paysans” très attachés à leur terre. Il ont tous été très forts, gardant la mainmise sur leur vignoble, le protégeant des “envahisseurs” ou de fantaisies œnologiques. Ce n’est pas si facile de maintenir une identité familiale, de rester “au top” comme le font certains propriétaires bordelais auxquels je suis fidèle.
La Champagne est en train de vivre la même aventure, avec une démarche “terroir” particulièrement intelligente, à laquelle je souscris totalement.
À partir du moment où il y a une histoire générationnelle, d’hommes, de traditions… on comprend pourquoi ces vignerons ne se laissent pas influencer facilement par des modes ou des donneurs de leçons, et ils ont bien raison !
Grâce à eux, lorsqu’on ouvre un Gewurztraminer Vendange Tardive, un Saint-Estèphe ou un Vosne-Romanée, on entre dans une typicité hors pair, une précision de territoire incroyable, où l’on ne fait pas le même vin à quelques mètres…
Si on goûte un vin de cépage (Chardonnay ou autre) planté dans une terre à maïs, cela n’a rien à voir. Faute de terroir, on va créer des arômes par des chauffes en barriques, des enzymes, des levures de synthèse… J’assimile ces vins à des sodas, rien de plus.
La fierté de son terroir, c’est donc très important. Je respecte profondément ce sentiment. Quand je vois un propriétaire qui tient tendrement dans sa main les galets roulés de Châteauneuf-du-Pape ou un copain de Chablis accroupi au pied de ses vignes me montrant le sol kimméridgien, je sais que l’on est dans la vérité.
C’est quand même différent du propriétaire qui pose devant ses nouveaux bureaux construits par un architecte renommé ou qui montre sa fille en robe du soir dans son chai en marbre !!!
Je ne pense pas que l’on puisse communiquer sur le vin comme pour un sac de luxe. Le vin, c’est un monde qui demande de la sensibilité, une éthique et une morale.
Notre forte progression se poursuit sur le Net. Derniers résultats de référencements sur Google (29/03) en ne retenant que la première page des résultats (qui va voir les autres ?) et SANS marquer directement le nom de nos sites (ce qui serait trop simple) :
D’une manière générale, dès que l’on mêle les mots de “meilleurs” et de “vins”, nous apparaissons en tête dans la plupart des régions, parfois en monopolisant les références. Exemple : pour meilleurs beaujolais (voire simplement meilleurs vins, ce qui est encore plus fort), nous sommes en 1er et 2e avec notre site Millésimes, en 3e et 4e avec l’un de nos blogs, Les Vins du Beaujolais, en 5e position avec Les Vins du Siècle, en 6e position avec mon Blog… C’est quand même très exceptionnel. Idem pour meilleurs vins d’alsace, de provence, de languedoc… Bienvenue à nos concurrents qui n’apparaissent pas…
Je rappelle que tous nos sites ont une interactivité entre eux, ce qui nous amène à avoir plusieurs millions de lecteurs !!!
Le succès de Vinovox
Notre site Vinovox, créé il y a seulement un an, est un vrai succès : il faut dire que l’idée n’était pas mauvaise de réunir plusieurs dizaines de “blogs-collaborateurs” dans les domaines du vin et de la gastronomie, des recettes, des voyages, des reportages, etc.
La Newsletter hebdomadaire de Vinovox va bientôt atteindre les 15 000 abonnés, ce qui est particulièrement conséquent.
Développement à l’international avec nos sites en Anglais, Espagnol et Allemand
En ce qui concerne nos sites étrangers, voici où nous en sommes :
2/. Notre Site Top French Wines (réservé aux membres des Vins du Siècle) s’est considérablement développé depuis 3 mois avec plus d’une centaine de nouveaux propriétaires.
4/. NOUVEAUTÉ 2009 : nous mettons en place plusieurs sites thématiques dans ces 3 langues, qui seront automatiquement mis à jour chaque semaine. On peut déjà retenir (j’ai déjà réservé ces noms de domaines) : www.typicalfrenchwines.us, www.merjorvinosdefrancia.com, www.essentialwines.eu, www.vinosdefrancia.eu, www.millesimesworldwide.com, www.vintageworldwide.net…
La plupart de nos nouveaux sites possèdent des extensions universelles comme celles des .com , .net ou .eu (Europe) accompagnées de l’extension américaine .us qui accroît les référencements dans Google américain.
5/. AUTRE NOUVEAUTÉ 2009 : la création d’un portail important, comme Vinovox, qui reprendra le flux de nombreux blogs en anglais, allemand et espagnol.
On ne devrait pas être loin d’avoir nos 150 sites et blogs en ativité dans les prochains jours, donc.
Millésimes fête son 30e anniversaire. C’est unique dans l’édition du monde du vin, et tout aussi rarissime - toute presse confondue- qu’un magazine reste dans la même famille, sans actionnaires extérieurs. Et se développe ! J’ai connu les plus grands patrons de presse, bien rares sont ceux qui n’ont pas mis la clé sous la porte, ou dont les titres n’ont pas passé leur temps à changer de mains.
J’ai lancé mon premier magazine à 22 ans, bien avant que le vin devienne à la mode, édité le 1er Guide sur les vins, et -déjà- suis tombé sous le charme de ces hommes et de ces femmes (pas de tous) qui élèvent les plus grands vins du monde, les nôtres. Ma force, c’est de ne pas être blasé, et ceci explique que nous accélerons notre développement du Guide et de Millésimes, en étant encore précurseurs, sur Internet.
Pourtant, en 30 ans, j’ai eu droit à tout : à la morgue de certains, à la frime de nouveaux venus, aux leçons de morale comme aux jalousies, à la trahison comme au respect. Mais, je n’ai pas dévié d’un pouce, et poursuis ma ligne de conduite.
Voici ce qu’il faut retenir :
L’ÉTHIQUE. Il n’y a pas de vin sans éthique. Dans la vie, idem. L’éthique, dans notre domaine, cela consiste à ne pas se fourvoyer dans des opérations marketing extravagantes, ne pas se laisser prendre à la mode, qui, par définition, ne fait que passer (vite). Et c’est surtout respecter les consommateurs, ceux qui vous font vivre, sans les abreuver de prix surestimés ou de produits “sans âme, ni vertu”. L’éthique, c’est croire en soi, avoir la foi, des valeurs, c’est la fidélité.
L’ÉLÉGANCE.On ne peut pas faire un bon vin sans élégance. Elle est innée, inutile de vouloir se l’approprier. Je parle, bien sûr, de celle de l’âme. Un exemple de son absence, parmi bien d’autres, chez un directeur d’un grand cru de Margaux, se plaignant de la “crise”, de ne plus vendre, blablabla… et me disant qu’il allait devoir licencier. Oubliées les sommes extravagantes dépensées inutilement dans ses chais, du marbre, des coccinelles ou je ne sais quoi, oublié d’avoir vendu son vin bien trop cher, d’en avoir profité outrageusement. Ce sera son petit personnel qui sera viré, un point c’est tout. Je n’apprécie pas. Rien n’empêche un patron d’avoir de l’élégance, et j’en connais pas mal qui en ont.
L’HUMILITÉ.Un vrai vin est signé par l’humilité. Et être humble, ce n’est pas de la fausse modestie. On peut être fier, conquérant, et avoir les pieds sur terre, c’est-à-dire ne pas se prendre pour le messie. Et des prophètes ou des gourous, on en voit pas mal dans notre milieu. À Saint-Émilion comme en Languedoc, ils ont tout compris : “il faut faire ceci, cela, du 20 hl/ha, concentrer à outrance, multiplier les prouesses œnologiques, faire mariner son vin dans du bois neuf… et, c’est sûr, vous allez voir, on est fort, nous, on va faire un Petrus dans notre coin.” Ridicule, navrant et amusant.
Le monde change, et rien ne change à la fois. D’un côté, les “classements” historiques ne sont plus des références, d’un autre, les vrais terroirs sont toujours là; côté pile, il y a ceux qui étaient déjà au sommet de leur appellation quand j’ai débuté, côté face, d’autres tentent de les détrôner en masquant leur insipidité par des gesticulations œnologiques et promotionnelles, à grands renforts de “journaleux” complaisants ou de “conseillers” médiatiques, se complaisant à l’arrogance ou l’envie. Mais rien n’y fait : quand on a une terre à maïs, on ne plante pas de vignes…
Vous ne les trouverez pas dans MILLÉSIMES. Nous préférons les hommes et les femmes simples et passionnés. Dans 464 pages, vous allez voir leurs visages, suivre leurs efforts, comprendre leur attachement à ce “Sang de la Terre et du Ciel”, lire leur histoire, saisir leurs émotions, partager leurs analyses… À travers eux, le vin, du plus grand au plus modeste, c’est cela, et rien d’autre. Merci de votre fidélité.
* Depuis 30 ans, avec la confiance de plus d’un million de lecteurs, mon GUIDE DES VINS DE FRANCE est incontournable comme MILLÉSIMES, la référence annuelle sur le vin. Sur Internet : www.millesimes.fr et www.guidedesvins.com, avec les Classements interactifs, ainsi que www.vinovox.com, le 1er magazine webvin gratuit, et sa Newsletter hebdomadaire (voir page 428).
** Une puissance et une présence sur le net incontournables avec plus de 130 sites et blogs (voir page 14).
*** LES VINS DU SIÈCLE, avec les sites www.vinsdusiecle.com, et, en anglais : www.topfrenchwines.com, des sites fédérateurs qui regroupent, présentent, créent leur propre site et leur e-mail aux producteurs (voir page 372). Pas moins d’une centaine de producteurs viennent de rejoindre Les Vins du Siècle.
J’apprécie Stephen Gélin (sur la photo, avec son fils Pierre-Emmanuel) depuis un bon bout de temps. Il fait partie de ces vignerons qui s’attachent (et parviennent) à respecter la grande tradition du vin, sans esbroufe ni manipulations œnologiques.
Le Domaine est une propriété familiale de 11,50 hectares, dont les vignobles s’étendent sur les communes de Fixin et Gevrey-Chambertin. La propriété, créée en 1925 par Pierre Gélin, est exploitée par Stéphen Gélin, son fils, dont le fils, Pierre-Emmanuel, prend la succession. Ici, on accorde un grand soin à la méthode culturale, la lutte raisonnée est appliquée, les vignes sont labourées et la famille Gélin privilégie les fertilisants naturels (algues, fumures issues de l’agriculture biologique). Afin d’obtenir des raisins de grande qualité, tous les soins sont apportés à la vigne (ébourgeonnage très sélectif, palissage relevé, effeuillage manuel…). La vinification est traditionnelle tout en évoluant dans le but d’améliorer toujours la qualité. Les vins sont élevés en fûts de chêne durant 20 à 22 mois, avec un pourcentage de fûts neufs variant selon les crus et les millésimes pour un léger boisé. Les vins sont ensuite mis en bouteilles à la propriété et ne sont commercialisés qu’après un an ou deux.
Fixin 1er Cru Clos Napoléon Monopole. Vignes de 50 ans vendanges manuelles. 2006 : élevé 22 mois en fûts de chêne, robe grenat et reflets pourpres. Nez complexe où se mêlent des notes d’épices douces (vanille et cannelle) et de fruits à noyau, belle attaque fraîche en bouche, les tanins sont onctueux, fondus et soulignent délicatement les arômes puissants et persistants de kirsch. Belle minéralité se poursuivant sur la vanille en finale. Accompagne à merveille pigeon, pintade, canard, gibier à plumes. 2005 : robe rubis sombre, nez intense de fruits noirs évoluant vers les épices, la bouche se révèle dense, charnue et longue.
Fixin 1er Cru Les Hervelets.2006 : robe grenat; nez très expressif de kirsch et de cerise à l’eau de vie, les tanins sont tendres, un vin velouté aux notes de fruits noirs très mûrs, belle harmonie des saveurs. Délicieux sur des volailles crémées, des fromages fins. 2005 : robe grenat brillante, nez de fruits rouges où la framboise domine. Les tanins sont bien présents (élevage 22 mois en fûts de chêne), légèrement vanillés, ils structurent une bouche pleine et ronde. Médaille d’Or au Concours Général Agricole de Paris.
Fixin. 2006 : belle robe rubis brillante, bouche subtile, tanins légèrement boisés et acidulés, un vin d’un relief élégant avec une finale persistante aux notes de clou de girofle et de muscade. Accompagne parfaitement lapin, viandes blanches. 2005 : robe rouge rubis, nez de fruits noirs, bouche ample et corsée, bien concentrée. Un vin d’une belle fraîcheur et netteté qui lui permettent d’évoluer dans les meilleures conditions. Médaille d’Or au Concours Général Agricole de Paris.
Gevrey 1er Cru Clos Prieur. Premier Cru situé au pied du grand cru Mazis-Chambertin. 2006 : belle robe rouge rubis brillante, le corps est dense, les tanins sont en parfaite harmonie avec l’ensemble, un vin dynamique d’une belle minéralité persistante, superbement typé terroir. Succulent sur des tournedos Rossini, bécasse, un vin pour des plats d’excellence.
Chambertin Clos de Bèze. 2006 : robe rubis intense, nez de framboise. Attaque discrète en bouche, le corps se révèle puissant, la matière offre une superbe densité soulignée par des tanins fermes sans excès. La finale se caractérise par de fines senteurs de truffe avec une touche minérale très élégante qui provient du superbe terroir riche en sels minéraux et de débris calcaires.
J’apprécie le “roi” Georges depuis une trentaine d’années et j’avoue que je suis toujours conquis par sa ténacité comme par ses cuvées. Il est le pivot de sa région et draine toujours en avant l’image et la notoriété des vins du Beaujolais, bravant les modes et les coups tordus. C’est aussi l’un des plus grands dégustateurs que je connaisse.
Georges Dubœuf et son fils, Franck, peuvent donc être fiers de leur réussite, jalousée, bien sûr, mais on sait que l’on n’a rien sans rien. La maison, créée en 1964 par Georges, est toujours la référence vraiment incontournable dans le Beaujolais (120 pays à l’export, 12 000 clients en France dont 100 grossistes et représentants servant la restauration, 1200 clients restaurateurs et caves en direct et 10 000 clients particuliers, 15% de l’ensemble de la production totale du Beaujolais dont 30% en primeur). Il faut venir aussi à Romanèche-Thorins pour découvrir les nouveautés de leur “Hameau Dubœuf”.
Leur Morgon 2007, médaille d’Or au Concours Général Agricole de Paris 2008, est d’un beau rouge profond. Le nez est complexe et fruité avec une dominante de cerise. En bouche, on est séduit par sa belle structure qui lui prédit un bel avenir. C’est un vin très harmonieux. Splendide Moulin à Vent Clos du Moulin à Vent 2005, de couleur intense, la robe oscille entre un grenat sombre et un rubis profond. Au nez, dégusté jeune, il évoque la fleur et le fruit, avec une dominante de violette soutenue par une note de cerise. Avec les années, sa palette odorante devient plus complexe. S’y ajoutent des parfums d’iris, de roses fanées, d’épices, de fruits mûrs et de truffes. Excellent Régnié Sélection Printemps 2008, d’une robe rubis foncé, aux parfums intenses et frais de cassis et de fruits rouges, associés à de discrètes notes florales. On retrouve les fruits rouges à l’attaque, puis la dégustation se poursuit sur une belle impression de rondeur. Le Beaujolais Villages 2008 est une valeur sûre comme le Fleurie Prestige 2005, dominé par le cassis mûr, charnu, de couleur pourpre, ample au nez comme en bouche, aux tanins riches et soyeux à la fois. Le Brouilly 2005, 1er Prix Concours des 2 bouteilles vins du Beaujolais, est généreux, délicatement fruité et riche d’accords mélodieux. Il est encore très jeune, avec une belle richesse tannique. Leur Côte de Brouilly Domaine de la Madone 2007 est d’une belle couleur, avec un nez très élégant et offre une grande richesse aromatique (fruits rouges, pêche, abricot…). C’est un vin très agréable, doté d’une grande complexité. Quant au Juliénas Prestige 2005, sa robe est d’un rubis de belle intensité. Le bouquet est à la fois floral (iris et pivoine) et fruité (fraise, framboise et pêche), un vin riche et gourmand, plein de fruit et de fraîcheur en bouche. Excellent Pouilly Fuissé Domaine Béranger 2007, c’est un mélange de parfums : tilleul, verveine, amandes grillées complétées en bouche par de la noisette. Rond, ample et fruité c’est un bien beau Bourgogne blanc.
Toujours un plaisir de donner la parole à mon ami Olivier Bernard, qui est à la tête de son appellation Pessac-Léognan, en blanc comme en rouge, ce qui est particulièrement rare.
“Après une saison 2008 assez mitigée, nous raconte Olivier Bernard, humide au printemps et fraîche durant l’été, j’étais assez inquiet et , heureusement, à partir du 8 septembre le très beau temps s’est installé jusqu’à fin octobre. Pour compenser le retard de maturité, nous avons bénéficié de plusieurs journées d’octobre très chaudes. Je n’ai jamais vendangé les blancs aussi tard de ma vie, pour les rouges, les vendanges se sont achevées le 25 octobre, une date extrêmement tardive, merci à “Dame Nature” de nous avoir offert ce très bel été indien.
J’aime ces longues maturités qui permettent aux Cabernets d’imprimer aux vins des tanins si somptueux et si “bordelais”. Cela apporte cette belle puissance, la finesse, l’élégance, enlevant toute “verdeur”, des tanins très persistants issus de raisins comme on sait en produire seulement à Bordeaux. Cette réussite est vraiment due à ce mûrissement très progressif et étalé que nous avons encore connu en 2008. Avec une maturité trop rapide, les tanins se révèlent parfois un peu trop rustiques, violents, exubérants. Nous avons obtenu des degrés alcooliques naturels très élevés, proches de 14° pour les blancs, supérieurs à 13° pour les rouges, ce qui donne beaucoup de rondeur, de gras, de structure aux vins. Le 2008 est à la fois puissant et très élégant, fin et soyeux, très typé bordelais. C’est un millésime qui nous a demandé de prendre des risques en attendant octobre pour vendanger, ceux qui ont récolté trop tôt présenteront peut-être des vins plus raides. Pour les blancs, les rendements sont faibles, environ 30 hl/ha. En janvier, nous avons fait des assemblages avec Denis Dubourdieu et les 20 lots étaient tous du niveau du grand vin, ce qui est rare. Il n’y aura pas de second vin, tant le niveau qualitatif était exceptionnel. Cela montre l’homogénéité des lots et la régularité absolument incroyable, c’est la première fois que je voyais cela à Chevalier ! Cela indique que c’est un très très grand millésime de blanc, très comparable à 2007, millésime d’excellence pour les vins du Domaine de Chevalier. Ce résultat qualitatif vient aussi du travail que j’ai réalisé en replantant progressivement le vignoble depuis les années 1980-1990. Ces vignes, qui ont une bonne vingtaine d’années, donnent des résultats tout-à-fait surprenants. On a pris des risques en plantant des vignes dans des endroits où il n’y en avait jamais eu, maintenant, ces parcelles “rentrent” dans le grand vin et c’est une grande satisfaction, une preuve que l’on ne s’était pas trompé.
Dans ces temps de crise, on remarque que les consommateurs reviennent aux valeurs fondamentales. Les vins au bon rapport qualité-prix , les domaines qui ont respecté leurs clients en ne doublant pas leur prix , ceux qui produisent de très bons vins reconnus de tous ne connaissent pas la crise. Je vends autant de vin et je pense que je vais ressortir encore plus fort de cette crise. Je me suis toujours appliqué à produire des vins de fruit, de terroir, authentiques. Ces dernières années, on était un peu jaloux de remarquer que la presse parlait plus de ceux qui font des vins de garage à des prix “astronomiques”. On se doutait bien que cela ne pourrait pas durer… Aujourd’hui, on revient à des valeurs plus fondamentales et cela nous réconforte. Je suis toujours aussi respectueux de la terre et du travail de l’homme, cela peut paraître, pour certains, un peu désuet, mais je n’ai jamais cédé aux modes du “trop boisé”, ou du “plus-plus” , j’ai toujours respecté les consommateurs de mes vins et je me rends compte aujourd’hui que, malgré les modes, ils m’ont toujours fait confiance. J’ai toujours privilégié l’élégance à la surconcentration et c’est pour cela que l’on aime les vins du Domaine de Chevalier, car on a plaisir à les boire.”
Classé 1er Grand Vin. J’apprécie depuis quelque 30 ans François-Xavier Borie, l’un des rares médocains propriétaires de (très) Grand Cru Classé qui sait raison garder concernant ses prix et ne se laisse pas piéger par des sophistications œnologiques. Il connaît la force de ses terroirs et n’a, en effet, pas besoin de frimer ou de surbarriquer son vin pour atteindre les sommets.
Il se passionne pour son Château Grand-Puy-Lacoste, qui accueille une équipe jeune, motivée et compétente, élevant des vins caractérisés par cette saveur fruitée de crème de cassis, d’une belle couleur profonde, séveux, corsés, très puissants, avec des tanins soyeux qui révèlent un beau potentiel de garde digne de ce très Grand Cru Classé, très classique et très typé Pauillac.
François-Xavier Borie y vit avec son épouse, Marie-Hélène, et leurs enfants, ce qui n’est pas si courant dans le Médoc. Cette propriété superbe occupe une place à part dans l’histoire des grands crus bordelais et son cadastre n’a pas changé d’un iota depuis 1855. L’encépagement est particulièrement adapté au terroir et à l’exposition. Les 55 ha de vignes (75% Cabernet-Sauvignon, 20% Merlot et 5% Cabernet franc) sont situés tout autour du château, sur une belle croupe très graveleuse, ce qui assure un parfait drainage naturel et un ensoleillement maximal. Le château et les bâtiments ont été rénovés, les chais et le cuvier entièrement modernisés. Les vendanges sont volontairement tardives pour obtenir la meilleure maturité possible et sont exclusivement manuelles afin de préserver au mieux la qualité des raisins. Après un égrappage total et dans le respect de la très grande tradition bordelaise, la vinification est menée de façon très classique, à commencer par de longues cuvaisons dans des cuves thermo-régulées afin d’extraire tout le potentiel de la vendange. Le vin est ensuite élevé en barriques de chêne, fait l’objet d’un suivi constant et de soins méticuleux jusqu’à la mise en bouteilles.
Pour se faire plaisir, il y a donc ce splendide Pauillac 2005, corsé, au nez complexe (fraise des bois, réglisse), d’une grande intensité en finale avec ces notes bien persistantes et très caractéristiques de fumé, de mûre et d’épices, de belle base tannique, puissant et complet, de garde.
Le 2004, de couleur très profonde, avec des tanins intenses, un nez complexe où l’on retrouve les fruits cuits (cassis, groseille, mûre) et l’humus, avec cette finale subtilement poivrée qui fait tout son charme, un vin très distingué, de belle garde.
Le 2003 est toujours l’un des vins les plus séduisants de ce millésime, d’une belle robe de couleur intense et soutenue, d’un très bel équilibre en bouche, riche et concentré, un grand vin équilibré et ample, racé, avec ces notes caractéristiques de petits fruits rouges frais, d’épices et de truffe, très prometteur.
Le 2002 est une grande réussite. Beaucoup de puissance, un vin très corsé, de couleur soutenue, ample, alliant structure et bouquet, intense au nez comme en bouche (fraise des bois, réglisse, épices).
Très beau 2001, plus fin, un vin de bouche riche et charnue, tout en subtilité d’arômes (griotte, humus…), ample et séveux en finale, aux tanins savoureux, encore jeune.
Le 2000 est superbe. Couleur, structure, concentration et distinction s’associent dans ce grand vin à la fois d’une grande finesse et d’une charpente très dense, de longue garde.
Très savoureux, le 1999 , un vin parfumé (humus, griotte mûre), aux tanins savoureux, alliant souplesse et charpente, qui commence à s’apprécier pleinement.
Très classique, ce grand 1998, de couleur grenat, puissant, aux saveurs fruitées, avec ce nez vraiment caractéristique de griotte mûre et de sous-bois, exhalant des notes sauvages et persistantes, aux tanins présents, de garde.
Le 1997 est excellent, ample, rond, avec une bouche qui commence à se fondre et permet d’attendre l’évolution du grand millésime 1996, riche, charpenté, de couleur soutenue, loin d’atteindre sa maturité.
Ceux et celles qui me connaissent savent que ce n’est pas la morosité ambiante qui me décourage dans mes investissements. En fait, crise ou pas, ceux qui relèveront des challenges seront, comme à l’accoutumée, ceux qui s’imposeront.
J’ai eu deux conversations très représentatives de cela : l’une, avec un directeur d’un cru de Margaux, qui me dit (j’abrège) : “oh là là, le marché stagne, nos prix baissent, mes patrons me donnent jusqu’à juin, sinon on licenciera…” On croit rêver devant si peu de solidarité et de volonté d’appréhender le marché ! Faut oser faire payer à l’employé de base des politiques aberrantes d’investissements inutiles lorsque l’on engrangeait à tout-và en vendant à n’importe quel couillon un vin à un prix surcôté… L’autre, et l’on se doute que c’est ma conviction, c’est celle de l’un de mes amis de Châteauneuf-du-Pape, qui vient de boucler son bilan 2008 en hausse : normal, il vend à un prix compétitif, ne déçoit pas ses clients et ne cesse d’innover. Passons, mais la réalité est là : ceux qui bougent face à ceux qui se plaignent, ceux qui se développent sainement et ceux qui n’ont fait que du “fric-frime”. Le monde a changé et l’on doit revenir à des valeurs essentielles. Sarkozy (on imagine pas où l’on en serait s’il n’avait pas été élu) a eu raison de secouer les banquiers et Obama a toutes les chances de relancer ce qui doit l’être : la confiance en soi, en nos capacités, à notre dynamisme.
Bref, on ne peut pas dire que nous nous soyons endormis sur le Net : depuis 10 ans, à force de travail, d’idées (et de chèques), nous sommes parvenus à être incontournables dans notre domaine : celui du vin et de la défense des vignerons français dignes de ce nom.
Quoi que l’on tape sur Google ou Search ou Yahoo, on tombera bien, à un moment ou à un autre, sur l’un de nos sites, tant l’interactivité de nos articles et de nos mots-clés a réussi à créer une telle synergie sur la Toile.
Il faut dire qu’avec quelque 130 blogs et sites en activité, dont quelques-uns en langues anglaise, espagnole et allemande (quitte à être incontournable, autant l’être pour tout le monde), nous n’avons pas fait dans la dentelle…
ANNONÇEURS ET AUDIENCE FONT BON MÉNAGE
Ce qui change, pour nous, aujourd’hui, et cela vient conforter notre impact, c’est que nous avons activé un grand nombre de partenariats avec des annonçeurs grand public qui sont attirés par notre audience. Et ce n’est pas rien, notre audience.
Si quelques producteurs semblent encore en douter, les internautes sont particulièrement fidèles à ce que nous faisons.
-D’une part, il y a nos importants fichiers (celui des boutiques de L’Amour du Vin que nous avons conservé, celui de nos concours, celui de VinoVox…), le tout nous faisant un “trésor de guerre” de plusieurs dizaines de milliers de contacts, très ciblés, amateurs de bons vins ! C’est une mine d’or qu’aucun concurrent (il en reste ?) ne peut avoir entre les mains !
- D’autre part, bien sûr, il y a les centaines de milliers d’internautes qui arrivent sur nos sites et blogs, régulièrement. On a toutes les audiences officielles qui attestent que nous sommes en perpétuelle progression. Bref, tout cela incite des marques à en profiter, et on le comprend aisément. Deux exemples, afin d’éviter le moindre doute. Pour l’un de nos plus “petits” sites, par exemple, classementdesvins, nous avons eu en 2008, quand même 17.399 visiteurs différents. Pour un autre, plus puissant, comme celui de guidedesvins, on passe à pas moins de 161.732 visiteurs uniques, ce qui est considérable quand on sait que les internautes sont très ciblés (s’ils ne sont pas intéressés par le vin, ils ne viennent pas sur ce site). Encore plus fort, notre seul site de millesimes a été suivi par 204.236 visiteurs uniques !!!Avec seulement 3 sites, on dépasse les 383.000 visites annuelles. Je vous laisse à votre calculette pour multiplier et extrapoler ce que peuvent recenser comme visiteurs nos 130 sites et blogs… C’est donc du sérieux.
Pourtant, sur nos sites, je n’ai pas encore voulu mettre des publicités de producteurs de vins : trop simple et, à mon sens, il est plus naturel de promouvoir gratuitement les producteurs que j’apprécie et qui sont fidèles, par exemple, à Millésimes. C’est un “renvoi d’ascenseur” très intéressant pour eux qui leur ouvre les portes du Net, et cela me convient ainsi. Nous ne sommes pas des “marchands de tapis”, et respectons cette éthique.
Les investissements financiers que nous ont coûté tous nos sites méritent pourtant bien d’être rentabilisés désormais. Aux côtés de nos annonçeurs générés par Google, très bien ciblés sur chacun de nos sites, et sur lesquels nous n’intervenons pas directement, j’ai donc décidé de mettre en place plusieurs campagnes, avec des annonçeurs que j’ai choisi. Quelques exemples :
- Dans VinoVox, qui est notre site le plus généraliste et connaît une progression exceptionnelle (nous ne l’avons créé qu’en Janvier 2008), nous pouvons “coller” quelques annonçeurs particulièrement ciblés comme SFR, un voyagiste comme Okipi, ou la Centrale des Particuliers… On pourra y trouver aussi un Discounter, Disconteo, assez efficace pour faire de bonnes affaires, et, ceux qui ne vont pas tarder à révolutionner le domaine des jeux, des sites commes JacpotCity…
- Dans Millésimes, qui s’adresse plus généralement à des consommateurs actifs et perspicaces, nous avons comme partenaires le célèbre site de vente PriceMinister, incontournable pour les bonnes affaires, ou, bien entenu, le non mois célèbre site Amazon, dont on ne peut se passer.
- Dans Guide des Vins, on y place pour l’instant les mêmes annonçeurs, qui tourneront périodiquement, auxquels vont s’ajouter l’un des plus importants site marchand de vins, ChâteauOnLine, etc.
- Idem pour Les Vins du Siècle, notre site qui s’est considérablent enrichi depuis 2 mois, ou, bien sûr sur mon Blog Perso.
C’est une véritable reconnaissance de notre impact qu’apportent ces partenariats. D’autres vont suivre et feront des jaloux, comme d’habitude. En fait, cela va surtout nous permettre de poursuivre notre développement, et donc d’en faire bénéficier gratuitement les vignerons.
UN NOUVEAU SITE GÉNÉRALISTE, UNIQUE ET NOVATEUR
Eh oui, il faut bien financer ce que nous préparons discrètement depuis quelques mois : un site “grand public”, qui s’adressera particulièrement aux “trentenaires-soixantenaires”, dans tous les domaines qui nous concernent dans notre vie de tous les jours : actualités, forums, santé, finances, art de vivre, loisirs, voyages, gastronomie et… vins. Un vrai magazine, en somme, GRATUIT et actualisé en permanence. Il augmentera considérablement notre audience en abordant ces nombreux thèmes et ce sera tout bénéfice pour nos propres réalisations et les vignerons que nous soutenons. Que demander de plus ?
Passionné de musique, et de jazz plus particulièrement, le sympathique Nicolas Brock a repris la suite de son père, Michel, qui a créé presque entièrement le domaine dans les années 1960, en replantant notamment un ancien domaine viticole inexploité depuis le Moyen Âge. Le Domaine de Sarry (11 ha d’un seul tenant), perché sur la montagne Noire (l’un des points culminants de la région, 353 m d’altitude), est constitué de marnes argilo-calcaires du kimméridgien, les “terres blanches”. Puis le coteau et la côte de la Roche forment une dizaine d’hectares de caillottes.
Il y a bien sûr son superbe Sancerre Vieilles Vignes La Montagne Noire, ample et persistant, de robe dorée, d’une jolie finale aromatique, riche au nez, avec des notes de rose et d’aubépine, un vin élégant et persistant, de bouche puissante, qui mérite un bar au four. Le 2003 est d’une très grande finesse, au nez complexe et puissant (acacia, fougère, pomme), très bien équilibré, de bouche parfumée et ample. À ses côtés, ce remarquable Sancerre Domaine de Sarry, au nez fleuri, suave et puissant, d’une très belle persistance aromatique en bouche, avec des nuances de pêche et de tilleul, charpenté, alliant vivacité et rondeur, un vin qui mérite un poisson en sauce.
J’aime bien Érick de Sousa (sur la photo, avec sa fille, Charlotte) qui symbolise l’explosion qualitative des meilleurs vignerons champenois de ces 20 dernières années, et c’est ce qui explique sa place dans mon Classement. Il exacerbe ce que l’on oublie parfois ici : la force du terroir, même si la science des assemblages est incontournable. Je l’ai donc placé au sommet, bien avant que son talent soit reconnu unanimement comme il le mérite, en France comme à l’export.
“On peut tout nous copier sauf une chose : le terroir”, me précise-t-il. Implanté au cœur de la Côte des blancs, son Champagne est issu des coteaux d’Avize, de Cramant et d’Oger, des terroirs classés Grands Crus Blanc de blancs de la Champagne. Érick de Sousa a opté pour la fermentation malolactique afin de rendre les vins plus ronds et plus souples, et il passe son vin au froid pour garder toute la transparence à son Champagne. Il travaille en biodynamie et vient d’acheter 3 ha de plus sur Avize Grand Cru (100 % Chardonnay). “Cette pratique culturale vise à redonner à la vigne un équilibre naturel et à redynamiser la vie microbiologique du sol qui est la courroie de transmission des éléments du terroir à la vigne. La biodynamie développe et renforce les défenses naturelles de la vigne et l’aide à exprimer son potentiel qualitatif maximal. Nous labourons donc les vignes à la charrue pour les désherber et aérer la terre. Nous élaborons notre propre compost, apportons à la vigne des préparations à base de minéraux, de plantes (ortie, camomille, pissenlit, valériane…) et d’autres éléments naturels.
Notre millésime 2003 est un millésime particulier puisque cette année-là nous avons eu beaucoup de soleil et de chaleur, c’était l’année de la canicule, on obtient à la dégustation beaucoup d’arômes de fruits mûrs, de coing, d’ananas. C’est un champagne très rond, gras, très souple, très complet qui a beaucoup d’ampleur. Pour la cuvée des Caudalies, issue de vieilles vignes élevées en fûts de chêne, je bloque volontairement la fermentation malolactique, ce qui lui permet de garder beaucoup de fraîcheur. Pour les vins c’était une très belle année, il y a une belle minéralité qui s’impose bien aussi.
Nous sommes en train de travailler sur une nouvelle cuvée depuis que j’ai obtenu en location de nouvelles vignes de Pinot noir à Avize, Ambonnay et Ay (3 A, car c’est l’initiale des trois communes). Sur les 17 grands crus de la Champagne il n’y a que ces trois terroirs qui commencent par la lettre A. Nous élaborons une cuvée 50% Pinot noir et 50% Chardonnay, nous ne savons pas encore le dosage, nous y travaillons actuellement, cette cuvée sortira à la fin de l’année ou au printemps prochain. Je suis toujours en perpétuelle recherche. J’ai une demande de la part des importateurs et, avec ces vignes en grand cru depuis peu, c’était l’occasion de créer une cuvée supplémentaire, puisque je ne faisais que du Blanc de blancs auparavant. Ce Champagne est d’une belle couleur soutenue à cause du Pinot noir, les arômes “pinotent” (framboise, fraise…). Sur ces deux terroirs bien distincts, le premier, à Ambonnay, le terroir roi du Pinot noir, nous avons la chance d’avoir de vieilles vignes plantées en 1950. J’ai fait une taille sévère pour que lorsque l’année sera favorable, je puisse y produire du Coteaux champenois rouge. L’autre parcelle, très calcaire, se situe à Ay. Nous assemblerons les vins issus des deux terroirs de Pinot noir avec le Chardonnay d’Avize. Cette cuvée symbolisera la complémentarité de ces trois terroirs.
On joue sur les assemblages, la complémentarité, tous ces terroirs différents donnent un panel plus diversifié et c’est un avantage. Je connais très bien tous les terroirs de la Côte des Blancs, sur la butte de Mesnil le terroir confère au vin une ossature intéressante, un côté viril qui demande deux à trois ans de vieillissement supplémentaires, le terroir d’Oger qui est dans une cuvette donne des vins beaucoup plus ronds, souples et à Avize le terroir confère aux vins une véritable harmonie, c’est lié à l’exposition, l’altitude et au sous-sol crayeux, c’est surtout cette craie qui apporte la minéralité, je cherche à avoir des raisins très mûrs pour obtenir de la richesse, de la matière, la longueur en bouche, de la fraîcheur grâce à nos sols très crayeux, c’est cette spécificité très particulière qui fait que le vin de Champagne est unique au monde. On peut essayer de copier nos vins mais on n’arrive jamais à avoir cette finesse et ça, c’est absolument dû au terroir. La vinification consiste plutôt à ne pas dénaturer la matière première en ne faisant pas trop de filtration ou autre. Pour nous, c’est pareil: si on a de jolis raisins et que l’on fait trop de filtration, on va appauvrir la qualité du raisin, parfois il vaut même mieux ne pas filtrer du tout. Il faut avoir du talent et de l’humilité, ne pas vouloir en faire trop surtout dans les bons millésimes. La moitié de mes vignes ont plus de 50 ans d’âge et c’est un atout primordial.”
Un vignoble de 7 ha de vignes d’âge moyen de 30 ans, situé sur le plateau de Pomerol, au sol sablo-graveleux riche en crasse de fer, bien typique (75% Merlot et 25% Cabernet franc). Particulièrement apprécié ce Pomerol 2005, de belle robe soutenue, un vin très parfumé, au nez de fruits macérés et d’humus, bien typé, corsé, de belle charpe […]
Au sommet, ce qui vient récompenser un beau rapport qualité-prix-typicité, et la passion des enfants de Paul Quié, Anne-Françoise et Jean-Philippe. Un superbe Margaux 2006, un vin authentique comme on les aime, très parfumé (framboise, violette, cerise), gras et persistant en bouche, riche en arômes, finement tannique, qui associe structure e […]
Coup de cœur pour ce Bordeaux Supérieur cuvée Prestige 2006, dense, généreux, très aromatique, avec des tanins soyeux, de charpente solide et fine à la fois, un vin qui emplit bien la bouche et se débouche sur un navarin. Le 2005, médaille d’Or au Concours Mondial de Bruxelles 2007, de belle robe soutenue et brillante, d’une belle concentration […]
Catherine Blasco est charmante et élève ce remarquable Haut-Médoc 2005, séduisant, de bouche très parfumée (griotte, cassis) délicatement épicée, riche et fondue à la fois, au nez de petits fruits noirs bien mûrs, aux tanins fins et soyeux, bien charnu comme il se doit, de garde. Savoureux 2004, coloré et typé, corsé, savoureux, aux tanins sou […]
Clos du PÈLERIN (POMEROL) Josette et Norbert Égreteau 3, chemin de Sales 33500 Pomerol Téléphone :05 57 74 03 66 Télécopie : 05 57 25 06 17 Email : egreteau.norbert@orange.fr Ce vignoble de 3,5 ha est dans la famille depuis 3 générations, essentiellement planté de Merlot (80%), le Cabernet […]
Franchement, le Champagne Grande Cuvée 96, 55% Pinot noir et 45% Chardonnay, élaboré uniquement dans les grands millésimes, est vraiment splendide. Une partie de la cuvée est mise en barriques pour les fermentations, elle est ensuite élevée dans les belles caves de Reims. D’une superbe robe or pâle, avec des notes complexes de viennoiserie, […]
Coup de cœur pour ce Champagne brut cuvée Esprit, un Grand Cru Blanc de blancs, de robe jaune or, au nez de narcisse et de coing, avec une bouche très parfumée aux nuances florales et légèrement miellées, un vin riche et puissant, ample et soyeux, idéale au cours d’un repas. Ample, riche, distingué, le Champagne Grande Réserve Grand Cru 95 […]
Très bien classé. Une exploitation familiale sur 6 ha de vignes et des viticulteurs de père en fils depuis 1870. Remarquable Champagne Millésimé Grand Éloge, pur Chardonnay (assemblage 2004 et 2005 et 30% de vins de réserve), d’une belle harmonie, intense, aux nuances subtiles de pomme et de fruits secs, de bouche parfumée et souple, un vin de […]
À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés. Ce vignoble familial de 15 ha a la chance d’avoir ses vignes plantées sur un terroir privilégié, la Côte des blancs, bénéficiant d’une parfaite exposition qui permet un ensoleillement généreux. Vincent Gonet possède un vrai savoir-faire en conjuguant les méthodes traditionnelles d’élaboration […]
À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés. Pour la bonne bouche, il y a cette remarquable cuvée Aurore, puissante et savoureuse, un Champagne tout en finesse, de belle complexité aromatique où se décèlent des nuances de citronnelle, de brioche et d’abricot frais, équilibré, d’une belle harmonie, tout en fruit et distinction, ample, de mousse […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Michel Laroche est depuis longtemps une référence pour de très grandes cuvées de Chablis auxquelles il a su donner une “patte” indéniable, en élevant des crus racés et savoureux, très gras et d’une complexité d’arômes étonnante. Pour preuve, cet exceptionnel Chablis Gr […]
Dans le vignoble de Meursault, on le remarque de suite, une entité exceptionnelle, un bijou rare, un hectare ou presque... (94 ares 52 centiares très exactement) clos de mur. En effet ce Clos situé au sein des Perrières possède le grand privilège de l’appellation spécifique “Meursault Clos des Perrières”.C’est un vin fondamentalement “Meurs […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. C’est dans les années 1960 qu’Antonin Guyon, alors âgé de 55 ans, achète des parcelles dans une gamme d’appellations couvrant les deux côtes de Gevrey-Chambertin à Meursault. En 1970, son fils Dominique, après bien des efforts, réussit à rassembler quelque 350 parcelles app […]
La force des terroirs est omniprésente, et on ne doit s’intéresser qu’aux vignerons dignes de ce nom, ceux qui pratiquent l’amour du terroir associé à une convivialité exemplaire, et c’est ce qui compte ici, tant cela peut manquer dans d’autres régions. Car ici, le vin est avant tout un art de vivre. On partage un moment (et on boit un “can […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés, dans la plupart de ses appellations, ce qui n’est pas rien. C’est toujours un plaisir de revoir Paul Buisse, chaleureux et talentueux, un bel exemple de ces propriétaires comme nous les aimons, plus passionné par le respect des terroirs que par des cuvées à la mode. Il y a ce Chinon L’Exceptionnel […]
Propriété familiale créée dans les années 1950, Jean et Denise Teiller croient en l’avenir du Menetou-Salon et s’investissent. Aujourd’hui, leur fils Jean-Jacques et son épouse Monique ont repris le flambeau. La jeune génération Patricia et Olivier Luneau, apporte à l’expérience, le dynamisme qui fait du Domaine Teiller, un des plus réput […]
Particulièrement apprécié ce Sancerre blanc 2007, issu d’un sol argilo-calcaire, de robe jaune clair, complexe avec ces notes de petits fruits secs et de tilleul, puissant et bouqueté, très séduisant par sa structure et sa persistance d’arômes, très typé. Excellent 2006, au nez fleuri, de robe pâle, brillante et limpide, très a […]
Domaine de la CHAISE (TOURAINE) Jean-Pierre et Christophe Davault 37, rue de la Liberté 41400 Saint-Georges-sur-Cher Téléphone :02 54 71 53 08 Télécopie : 02 54 71 53 08 Email : christophe.davault@online.fr Site : www.domaine-de-la-chaise-41.com Valeur sûre. Ici, on est vigneron de pèr […]
Exploitation familiale de 22 ha, transmise de père en fils depuis 4 siècles. Superbe Châteauneuf-du-Pape rouge Marquis d’Anselme 2006, issu de vignes centenaires, un vin dense, aux arômes de fruits cuits et d’épices, de belle teinte grenat, alliant structure et rondeur, aux tanins fermes, tout en bouche, un vin racé comme […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. La Cave vient de se doter d’un superbe espace dégustation-vente, où l’on se fait plaisir avec ce CDR-Visan cuvée du Marot 2006, de belle couleur, ample et parfumé, corsé, aux tanins enrobés, un vin harmonieux, très équilibré, complet, dominé par le cassis et les sous-bois, d’excellente garde […]
Ici, le terroir et la main de l’homme font bien sûr la différence. On ne peut que s'enthousiasmer pour ces grands vins charnus et typés (Châteauneuf-du-Pape, Côte-Rôtie...) qui se partagent ces territoires exceptionnels avec d'autres appellations savoureuses (Rasteau, Cairanne, Beaumes-de-Venise...) bénéficiant d’un remarquable rapport […]
Domaine de 8 ha. Travail du sol, désherbage mécanique, traitement phytosanitaire à base de cuivre et de soufre selon le cahier des charges de l’agriculture biologique depuis 2004. Beau Beaumes-de-Venise rouge cuvée les Trois Amours 2005, aux notes de pruneau et de sous-bois, de bouche pleine et généreuse, aux tanins fermes et soyeux à la fois, de c […]
Domaine de 10 ha. Un grand coup de cœur (habituel) pour cet exceptionnel Moulin-à-Vent Les Rouchaux 2005, issu d’un sol de roche granitique, particulièrement réussi, avec de beaux reflets pourpres, aux arômes de fruits mûrs (cassis, mûre) et de réglisse, de bouche puissante, un vin étoffé, coloré et complexe, qu’il faut laisser se faire e […]
Domaine CHAMPAGNON (CHENAS) Les Brureaux 69840 Chénas Téléphone :03 85 36 71 32 Télécopie : 03 85 36 72 00 Email : earl.champagnon@wanadoo.fr Site : www.vinsdusiecle.com/domainechampagnon Incontestablement au sommet. Les deux fils, Patrick et Jean-Yves, dirigent cette belle exploitation. Leu […]
Un vignoble de 10 ha, sur le versant nord des Alpilles, le long de la voie Dominitienne. Remarquable Baux de Provence rouge 2001, provenant d’un élevage de 24 mois en foudres de chêne, de couleur rubis profond, qui développe un nez puissant dominé par les fruits rouges, de très bonne charpente, un vin riche au nez comme en bouche, qu’il faut appré […]
Une propriété dotée d'un superbe terroir. La vendange est manuelle, non égrappée, foulée souplement avant d'être mise en cuves de fermentation pendant 15 à 21 jours sous contrôle des température. Puis le vin est élevé en foudres de chêne de 18 à 24 mois. Cela donne ce grand vin rouge au nez puissant où se mêlent les épices et les f […]
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Beau Gewurztraminer Clos des Anges 2006, un vin complexe et puissant, avec des notes minérales, très fin, de bouche onctueuse, à la robe intense, chaleureux, d’une grande persistance, de très bonne évolution. Le Riesling Grand Cru Praelatenberg de Kintzheim 2006, marqué par son t […]
Superbe Gewurztraminer Vendanges Tardives 2007 ample et velouté, de belle couleur, au nez riche et bien présent dominé par des notes de pain grillé et de fruits frais, tout en bouche. Le Pinot Gris Vendanges Tardives 2007 n’a rien à lui envier, avec des arômes de fleurs blanches et de miel, une bouche onctueuse à la finale vive et dense. Le R […]
Un superbe Cahors cuvée Exception 2005, très bien élevé en fûts de chêne, tout en nuances d’arômes délicatement épicées, de robe intense, avec des tanins puissants, un vin où dominent la mûre et le cassis, très riche au nez comme en bouche, à ouvrir sur une selle d’agneau. Le 2004 est un vin intense en couleur comme […]
Cru du PARADIS (MADIRAN) Jacques Maumus 65700 Saint-Lanne Téléphone :05 62 31 98 23 Télécopie : 05 62 31 93 23 Email : cru.du.paradis@wanadoo.fr Une propriété familiale sur des sols argilo-calcaires et gravettes. Superbe Le Madiran Réserve Royale 2000 (mis en bouteilles après un éle […]
Une très jolie place dans le Classement, à confirmer. Un savoureux Minervois Tourril 2005 (80% Syrah en fûts, 20% Grenache), de belle robe aux reflets grenats, de bouche charnue et chaleureuse, avec des tanins denses et une finale complexe où l’on retrouve la mûre et la réglisse, de bonne évolution comme le Minervois cuvée […]
Toujours à la tête des Premiers Grands Vins Classés avec ce Corbières Le Vaugelas 2005, de jolie robe grenat pourpre, avec ces arômes de mûre confiturée et de garrigue, fort bien élevé, un vin harmonieux et parfumé, de bouche puissante, de belle garde. “Château Vaugelas, précise Olivier Bonfils, est un très joli vignob […]